mercredi 26 octobre 2016

Milieu, art et génie du lieu / A. Berque

Astro & Kanos (14 août 2009, Paris)
(source)
La Paperie / AURA Agence d’urbanisme de la région angevine
FUTUR, conférence-action sur les nouvelles dynamiques de la fabrique urbaine :
ce que l’art peut faire à la ville ?
Conférence-action II, 13 octobre 2016

Milieu, art et génie du lieu

- une interprétation mésologique -

par Augustin BERQUE

Sommaire : § 1. Le sens d’une relation aussi vieille que le monde ; § 2. Assomption de monde et Ursprung de l’œuvre d’art ; § 3. La décosmisation des villes ; § 4. Ressusciter le génie des lieux ?

§ 1. Le sens d’une relation aussi vieille que le monde

Comme l’écrivait récemment Luc Gwiazdzinski,

« Il existe aujourd’hui de nouvelles formes d’intervention, de nouvelles collaborations, de nouveaux espaces, de nouveaux moments et situations, où l’artiste et le géographe, la création et la géographie se croisent, se mélangent et s’hybrident pour inventer autre chose in vivo : les géo-artistes ».

Voilà qui est manifeste ; mais il n’est pas moins sûr que ces nouvelles formes de la relation entre les sociétés humaines et leurs territoires s’enracinent dans cette relation même, qui en tant que telle est aussi ancienne que l’humanité, voire que la vie sur Terre. 

lundi 17 octobre 2016

De traduction en trajection / A. Berque

Domenico Ghirlandaio - Saint Jérôme dans son étude
Domenico Ghirlandaio, Saint Jérôme dans son étude
le Saint patron des traducteurs, 1480
(source)
Société française de traductologie
Université d’été franco-japonaise en traductologie
École des hautes études en sciences sociales, 

29 août-2 septembre 2016

De traduction en trajection

aux trois jardins du Tôkaian

Augustin Berque

Résumé : La communication part de mes traductions de Watsuji (Fûdo, le milieu humain, CNRS, 2011 [Fûdo, ningengakuteki kôsatsu, 1935]), d'Imanishi (La liberté dans l’évolution, Wildproject, 2015 [Shutaisei no shinkaron, 1981]) et de Yamauchi (Logos et lemme [Rogosu to renma, 1974], en cours), dans leur rapport avec ma propre élaboration de la mésologie, c’est-à-dire l’étude des milieux dans l’optique inaugurée par l’Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et le fûdoron de Watsuji (1889-1960) ; optique que l’on peut définir comme une éco-phénoménologie, doublée d’une onto-géographie. L’enjeu n’est autre que de dépasser rationnellement le dualisme moderne, ainsi que le mécanicisme qui en a découlé dans les sciences de la nature, discriminant indéfiniment subjectivité d’une part, mécanicité de l’autre, donc « sciences molles » de l’une, et « sciences dures » de l’autre. Cette entreprise reviendrait à dépasser rationnellement aussi l’incompatibilité historique entre « l’Occident » et « l’Orient ». Traduire les concepts centraux utilisés par Watsuji, Imanishi et Yamauchi posait directement ces problèmes, et a conduit à élaborer en retour ceux de trajection et de chaîne trajective, qui font le lien entre questions de sens et questions de fait, sémiose, histoire, évolution et fondement de la réalité. 
L’objectif à atteindre est quadruple :
 Idéalement, il s’agit de réhumaniser la nature, renaturer l’humain ; à savoir :
 - réancrer la subjectité (l’être-sujet) dans la nature, mais sans réductionnisme ;
 - refonder l’éthique et l’esthétique dans la nature, mais sans déterminisme ;
 - retrouver la Terre, mais sans s’y enterrer.