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mercredi 6 mars 2019

In search of a transmodern paradigm / Augustin Berque

Proposed to Journal of Japanese philosophy. Corrected on 24/4/18

In search of a transmodern paradigm

nature in Imanishi’s “natural science” and Fukuoka’s “natural farming” 

by Augustin Berque 
Abstract – A transmodern conception of nature is proposed, sublating (aufhebend) the Aristotelian logic of the identity of the subject and the Nishidian palaeologic of the identity of the predicate, and discussing, as concrete examples, Imanishi’s theory of evolution and Fukuoka’s natural farming.

§ 1. Would the human history of nature only be a matter of milieu ? In 1968, Serge Moscovici (1925-2014) published a memorable essay on what he qualified as “human history of nature”. In the 1977 edition, the back cover made the wish that “this book, written before its time, may meet its readers, those of a time when , by dint of talking about nature, people almost forget that it has a history: ours”. But why the deuce would that book have been “written before its time”? And, half a century after 1968, would that time have come at last?

mercredi 15 novembre 2017

Renouer avec la Terre

Institut d’art contemporain (IAC) de Villeurbanne / Cycle de recherches Vers un monde cosmomorphe, station 12 Pratiques cosmomorphes et milieux asiatiques / Conférence du 3 novembre 2017

Renouer avec la Terre

Cosmologie de l’agriculture naturelle selon Fukuoka

par Augustin Berque

1. Le propos général
Rappelons d’abord la perspective générale dans laquelle se place cette conférence. L’invitation de Nathalie Ergino, Directrice de l’IAC, dans un courriel du 12 juillet 2017, définissait la journée d’études Station 12Pratiques cosmomophes comme «  rassembl[ant] chercheurs et artistes autour d’une multiplicité de pratiques tendant à rendre manifestes les liens de coexistence entre le vivant et son milieu. Faisant suite aux recherches transdisciplinaires amorcées depuis fin 2016, cette Station se fonde sur l’émergence d’alternatives aux perspectives modernistes occidentales. Sous le prisme de la pensée asiatique, elle propose de réévaluer notre conception de l’environnement non plus comme objet séparé de notre pensée mais selon une imprégnation mutuelle avec ceux qui l’habitent ». Dans un courriel précédent (7 octobre 2016), Mme Ergino m’informait que, plus généralement, ces « stations » visent à « se séparer d’une vision anthropocentrique du monde pour appréhender la notion d’un univers organiquement relié, un monde non plus anthropomorphe mais ‘cosmomorphe’, où l’homme prend acte de sa place relative dans la chaîne du vivant. Les notions de coexistence dynamique, d’intuition et de recherche collective sont au cœur des préoccupations de cette nouvelle station. De la perception à la fusion, de l’immersion à l’osmose… Aujourd’hui, il nous semble plus que jamais nécessaire de renouveler et de partager une multiplicité d’approches. »  
            Voilà un objectif qui, clairement, rencontre celui de le mésologie que je professe en tant que telle depuis mon premier essai sur le milieu japonais, Le Sauvage et l’artifice (1986). C’est en effet dans ce livre que j’ai mis en avant les deux concepts centraux de ce que j’entends par ce terme de « mésologie » : la médiance et la trajection, dont justement Mme Ergino m’a demandé de vous parler aujourd’hui. Par la suite, la théorie s’est étoffée, d’autres concepts en sont dérivés, nécessitant en fin de compte que je rédige un Glossaire de la mésologie dans la perspective du colloque sur la mésologie qui a eu lieu l’été dernier à Cerisy-la-Salle. Ce glossaire est consultable en ligne. C’est un vocabulaire technique, au premier abord un peu jargonnesque, mais dont l’essentiel tourne autour des trois mots milieu, médiance, et trajection.
            Toutefois, ce n’est pas d’un commentaire de ces concepts que je partirai aujourd’hui, mais plutôt de l’intitulé de votre journée d’études : « pratiques cosmomophes ».