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vendredi 30 mai 2014

Mésologie, musique et musique des sens / Marie-Pierre Lassus

Allegory of Music Frans Floris de Vriendt
Allegory of Music
(Frans Floris de Vriendt, c. 1570)
source

Mésologie, musique et musique des sens

Marie-Pierre Lassus


Musique : souffle des statues.
Ou bien : silence des images. Parole où la parole cesse. Temps perpendiculaire au naufrage des cœurs [1].


Résumé :  La musique est pour le musicien un milieu où il a lieu d’être. Au sein de cette matrice sonore qui lui préexiste et avec laquelle il entre en symbiose, une nouvelle subjectivité est « à naître » comme la musique elle-même qui a ici toutes les caractéristiques de la chôra platonicienne (A. Berque, 2012). L’écoute de cette relation, invisible mais concrète, entre sons et silences, dans la musique, un art où le repos est toujours agissant, est aussi au fondement de la vie en société selon G. Bachelard qui suggère d’«interpréter les silences et les timbres, toutes les résonances et tous les arpèges de la sympathie » du flux de la parole pour améliorer la qualité des rapports humains (M. Buber, 1936, Préface).

lundi 7 avril 2014

Prochain séminaire, vendredi 11 février 2014 / Marie-Pierre Lassus

Le chant des anges William Bouguereau
Le chant des anges
William Bouguereau (1881)
(source)
Séminaire « Mésologiques », 10e séance : 11 avril 2014

Mésologie, musique et musique des sens

Par Marie-Pierre Lassus[1]

Résumé : La musique est pour le musicien un milieu où il a lieu d’être. Par le dialogue qu’elle instaure entre les silences et les sons qui la constitue, elle devient un support d’existence et revêt une connotation vitale pour les membres d’un orchestre. Je m’appuierai sur ma pratique de musicienne et sur l’expérience du jeu d’orchestre en milieu carcéral et psychiatrique pour confirmer cette  capacité de la musique, art non verbal et non visuel, à entrer en relation immédiate avec des sujets coupés du monde et d’autrui, appelés à « croître-ensemble » en ce milieu où ils sont immergés et qu’ils apprivoisent en apprenant à sentir(e) c’est-à-dire à écouter (en italien, le terme générique de la sensibilité signifie aussi écouter). Au sein de cette matrice sonore qui leur prééxiste et avec laquelle ils entrent en symbiose, de nouvelles subjectivités sont « à naître » comme la musique elle-même qui a ici toutes les caractéristiques de la chôra platonicienne (A. Berque, 2012).

mercredi 3 avril 2013

Sujet, sens et milieu : la trajection du physique au sémantique

L'alchimiste Cornelis Bega
L'alchimiste (1663) Cornelis Bega
(source)
Séminaire Mésologiques, EHESS. Vendredi 22 mars 2013

Sujet, sens et milieu

la trajection du physique au sémantique

Exposé d’Augustin BERQUE
Un texte complémentaire (à lire en premier, pour les personnes non familières de la mésologie)  "Sujet, fûdo, mésologie".

Sens, milieu, subjectité

            La problématique des milieux commence avec le mot sens. Dans la perspective de la mésologie[1], ce mot est pleinement assumé dans sa triple et conjointe acception de direction spatio-temporelle, capacité de sensation charnelle et signification mentale. Le premier aspect relève du niveau ontologique de la planète : c’est le sens dans lequel vont physiquement les choses, à la fois dans l’espace et dans le temps. Le second, de celui de la biosphère : c’est la capacité de sentir qu’ont les êtres vivants, et les organes qui y correspondent. Quant au troisième, il relève de l’écoumène : le niveau ontologique de l’existence humaine, où les choses, notamment grâce au langage, prennent une signification qu’élaborent et transmettent nos systèmes symboliques et techniques. Et de même que l’écoumène présuppose la biosphère, qui présuppose la planète (non l’inverse), de même la troisième strate du sens présuppose la seconde, qui présuppose la première (non l’inverse)[2].