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mercredi 18 septembre 2019

Does nature think evolution ? / Augustin Berque

– UNESCO & Maison de la culture du Japon à Paris, 6-8 juin 2019 – 
Conférence introductive 

Does nature think evolution ? 

自然は進化を考えているのか / La nature pense-t-elle l’évolution ? 

by Augustin Berque 

Abstract – While, on account of the number of possible protein combinations, Neo-Darwinism is mathematically unable to explain evolution through the sole mechanicist alternative of randomness (mutation) and necessity (natural selection and statistical laws), Imanishi Kinji’s antidarwinism is equally unable to explain evolution, if not by invoking a mysterious “course” followed by the species as such. One relates these two antithetic theories to, respectively, the Aristotelian logic of the identity of the subject and the Nishidian logic of the identity of the predicate, and, through a sublation of these two logics into trajective chains, proposes a mesological interpretation of the problem of evolution, implying a certain subjecthood of nature itself. 

I. Élisée Reclus (1830-1905) once wrote, in L’Homme et la Terre (Man and the Earth, 1905), that “Man is nature becoming conscious of itself”. If we follow him, and inasmuch we can assimilate thinking and consciousness, then we have the answer to the question “Does nature think?”

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mercredi 7 janvier 2015

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ? / A. Berque

Deux hommes contemplant la lune Caspar David Friedrich
Deux hommes contemplant la lune
Caspar David Friedrich (1774-1840)
(The metropolitan museum of art)
Cercle de philosophie de la nature
4e symposium : Devenir et structure
École des hautes études en sciences sociales, 5-7 novembre 2014

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ?

Augustin BERQUE

Résumé – Vers la fin de sa carrière, IMANISHI Kinji (1902-1992) a résumé sa méthode scientifique dans le concept de « science naturante » (shizengaku 自然学), en l'opposant à la notion ordinaire de sciences naturelles (shizen kagaku自然科学). Il s'agit fondamentalement d'un rejet du dualisme moderne, lequel a fait de la nature un objet. Cette science naturante postule que l'observateur peut dans une certaine mesure s'identifier au mouvement même de la nature, s'agissant notamment de l'évolution des espèces, à propos de laquelle Imanishi rejette catégoriquement le paradigme néo-darwiniste en postulant que, dans l'évolution, joue la subjectité de l'espèce en tant que telle, et non pas seulement la statistique d'une population d'organismes. Cette position a fait ostraciser l'idée de science naturante par la communauté scientifique nippone, mais les critiques adressées par Imanishi au paradigme actuel des sciences naturelles sont loin d'être toutes aberrantes. On reviendra ici sur ces questions en tentant d'évaluer leur validité.

mardi 2 décembre 2014

Le concept de "spéciété" est-il opératoire ? / A. Berque

Proposed to the International Journal of Contemporary Sociology, special issue on “Sociality, culture and nature”.

Is the concept of speciety
rationally operative ?

by Augustin BERQUE

Monkeys Chao Shao-an
Monkeys (1960-70) Chao Shao-an (Hong Kong Heritage Museum)
(source)

Abstract – The paper discusses the validity of the concept of shushakai put forward by the Japanese naturalist Kinji Imanishi. It proposes to translate this concept with speciety, defining it as the fact of being a species as a society, not as a mere population ; a society endowed with subjecthood, thus possessing its own specific world and evolving in relation to that world, rather than to the environment in general. The point of view is that of mesology, i.e. the study of milieu as distinct from the environment, which is the object of ecology. Mesology in that sense corresponds to Umweltlehre in Uexküll’s sense, and to fûdogaku in Watsuji’s sense.

mercredi 26 novembre 2014

Is the concept of speciety rationally operative ? / A. Berque

Proposed to the International Journal of Contemporary Sociology, special issue on “Sociality, culture and nature”.

Is the concept of speciety
rationally operative ?

by Augustin BERQUE


Abstract – The paper discusses the validity of the concept of shushakai put forward by the Japanese naturalist Kinji Imanishi. It proposes to translate this concept with speciety, defining it as the fact of being a species as a society, not as a mere population ; a society endowed with subjecthood, thus possessing its own specific world and evolving in relation to that world, rather than to the environment in general. The point of view is that of mesology, i.e. the study of milieu as distinct from the environment, which is the object of ecology. Mesology in that sense corresponds to Umweltlehre in Uexküll’s sense, and to fûdogaku in Watsuji’s sense.

mercredi 23 octobre 2013

Renaturer la culture, reculturer la nature, par l’histoire / A. Berque

Test de Rorschach planche 3
Test de Rorschach, planche 3.
À paraître dans Entropia, numéro spécial « L’histoire désorientée », octobre 2013.

Renaturer la culture, reculturer la nature, par l’histoire

Augustin Berque

1. Au delà de Wittgenstein ?


« Renaturer la culture, reculturer la nature » : cette formule d’inspiration marxienne – elle descend d’un thème des Manuscrits de 1844 : « Naturalisierung des Menschen, Humanisierung der Natur » (naturalisation de l’humain, humanisation de la nature) –, je l’ai déjà invoquée voici une quinzaine d’années au début d’un livre où je tentais de poser les principes d’une mésologie, partant de l’idée que la relation des sociétés humaines à l’étendue terrestre s’établit et fonctionne d’une manière que la dichotomie classique entre le subjectif et l’objectif ne permet pas de saisir[1].

mercredi 18 septembre 2013

A en tant que Ā : le syllemme de la réalité / A. Berque

Evolution (early 21st century) par Latika Katt
Evolution (early 21st century) par Latika Katt
National Gallery Of Modern Art (NGMA), New Delhi
(source)
Colloque philosophique franco-japonais
Université Dôshisha, Kyôto, 13-14 décembre 2013
A en tant que Ā : le syllemme de la réalité
ĀとしてのA : 現実に於ける即の論理
par Augustin BERQUE

Résumé – Créée en 1848 comme science positive des milieux par un disciple d’Auguste Comte, Charles Robin, mais plus tard écartelée entre sciences de la nature et sciences humaines, la mésologie (環世界学、風土学) s’est étiolée devant l’écologie et a presque disparu au XXe siècle, avant de renaître sous le nom d’Umweltlehre (環世界学) dans les travaux d’Uexküll, et de fûdogaku 風土学dans ceux de Watsuji. Différence radicale avec la mésologie de Robin, celle-ci est une herméneutique dont la condition est la subjectité (主体性) du vivant en général, ou de l’humain en particulier. Le milieu n’est donc pas l’environnement objectif que considère la science écologique ; mais ce n’est pas non plus une simple représentation subjective, parce qu’il existe réellement.  À la fois subjectif et objectif, A et Ā (non-A), il est trajectif (通態的).

mercredi 3 avril 2013

Sujet, sens et milieu : la trajection du physique au sémantique

L'alchimiste Cornelis Bega
L'alchimiste (1663) Cornelis Bega
(source)
Séminaire Mésologiques, EHESS. Vendredi 22 mars 2013

Sujet, sens et milieu

la trajection du physique au sémantique

Exposé d’Augustin BERQUE
Un texte complémentaire (à lire en premier, pour les personnes non familières de la mésologie)  "Sujet, fûdo, mésologie".

Sens, milieu, subjectité

            La problématique des milieux commence avec le mot sens. Dans la perspective de la mésologie[1], ce mot est pleinement assumé dans sa triple et conjointe acception de direction spatio-temporelle, capacité de sensation charnelle et signification mentale. Le premier aspect relève du niveau ontologique de la planète : c’est le sens dans lequel vont physiquement les choses, à la fois dans l’espace et dans le temps. Le second, de celui de la biosphère : c’est la capacité de sentir qu’ont les êtres vivants, et les organes qui y correspondent. Quant au troisième, il relève de l’écoumène : le niveau ontologique de l’existence humaine, où les choses, notamment grâce au langage, prennent une signification qu’élaborent et transmettent nos systèmes symboliques et techniques. Et de même que l’écoumène présuppose la biosphère, qui présuppose la planète (non l’inverse), de même la troisième strate du sens présuppose la seconde, qui présuppose la première (non l’inverse)[2].

mercredi 17 octobre 2012

Méso-logique / A. Berque


Henri Rousseau La gitane endormie
Henri Rousseau, La gitane endormie, 1897
(Source)
Colloque international De la nature à la technique : perspectives de la pensée et de la philosophie japonaises contemporaines. Université Laval, 10-12 octobre 2012

La méso-logique des milieux

環世界と風土の中論的論理

par Augustin BERQUE

§ 1. Décentrement de l’univers et recentrement du monde


Qu’entendait Husserl en posant que « l’arché-originaire Terre ne se meut pas » (die Ur-Arche Erde bewegt sich nicht)[1] ? Cette expression figure dans un manuscrit qu’il écrivit en mai 1934, sous le titre « Renversement de la doctrine copernicienne dans l’interprétation de la vision habituelle du monde. L’arché-originaire Terre ne se meut pas. Recherches fondamentales sur l’origine phénoménologique de la corporéité, de la spatialité de la nature au sens premier des sciences de la nature ».