mercredi 18 mai 2016

Lee Ufan, art du milieu / Isabelle Charrier

Lee Ufan Museum — contemporary art museum (Kagawa)
Collaborative work of Tadao Ando and Lee U-Fan.
(source)
Communication pour le séminaire d’Augustin Berque, EHESS, 26/2/2016

Lee Ufan ou l’art du "mi-lieu"

Isabelle Charrier

Suite à la parution de la traduction en français des écrits sur l’art de Lee Ufan (L’Art de la résonance, Beaux-Arts de Paris éditions, 2013) et à l’exposition de l’artiste au château de Versailles de juin à novembre 2014, les œuvres de Lee Ufan sont plus largement connues par le public français et international et mieux comprises sous leur aspect philosophique et existentiel.
Lee Ufan né en 1936 en Corée du Sud à Kyangnam s’est installé au Japon en 1956. Depuis il vit en permanence à Kamakura. Dans un premier temps, il a étudié la philosophie, puis est devenu un des artistes majeurs du groupe Mono-ha très actif au Japon à la fin des années 60 jusqu’au milieu des années 70. Un de ses premiers écrits publiés à ce moment-là, Deai o motomete 出会いをもとめて(A la recherche de la rencontre) avait été très remarqué : la relation par l’œuvre d’art entre le milieu « naturel » et « humain ».
Ses sculptures se déclinent sur le thème de l’emprunt de la matière naturelle par excellence, la pierre, qu’il met en relation avec une autre matière, celle-là, façonnée par l’homme, la plaque de fer et qu’il met en scène dans divers lieux pour les donner à voir au regardeur . D’ailleurs elles portent souvent le titre de « Relatum ». Ses peintures, elles, se construisent à la manière d’un jeu de go dans lequel tous les traits du pinceau se posent en « résonance » (yohaku 余白)les uns par rapport aux autres sur l’espace vide , la toile blanche.

mercredi 4 mai 2016

De L'Origine de l'oeuvre d'art en mésologie / NHK et Augustin Berque

De L'Origine de l'oeuvre d'art en mésologie
『芸術作品の起源』への風土学的道のり

NHK et Augustin Berque

Ce film a été tourné par la NHK le 16 octobre 2015 lors d'une conférence d'Augustin Berque à l'Institut français du Kansai (à Kyôto), sur le thème "De L'Origine de l'oeuvre d'art* en mésologie". 

Le contenu de cette conférence est proche de celui du texte français "Quant aux montagnes et aux eaux, tout en ayant substance, elle tendent vers l'esprit".
Augustin Berque

mercredi 27 avril 2016

Vers une renaissance du pays natal / NHK

Twelve Views of the Japan Alps, "Mt. Hodaka" (YOSHIDA Hiroshi, 1926) 
Fukuoka Art Museum

Vers une renaissance du pays natal

Dialogues avec
la mésologie d'Augustin Berque

NHK制作「ふるさと創生のフロンティをめざして〜オギュスタン・ベルク「環世界学」との対話」

NHK et Augustin Berque

Ce documentaire  a été tourné au Japon en octobre dernier, d'abord au Chikyûken 地球研 (l'abréviation courante de 総合地球環境研究所, l'Institut de recherches sur l'environnement terrestre, à Kyôto ; en anglais le RIHN, Research Institute on Humanity and Nature) ; puis à Kesennuma et dans ses environs, sur la côte du Sanriku dévastée par le tsunami du 11 mars 2011 ; puis à Echigo Tsumari et dans les environs, dans une région du Japon de l'Envers (le versant ouest) affectée par le dépeuplement, mais où l'on a tenté une expérience de revitalisation par l'art (une triennale inaugurée en 2000, et dont la dernière a eu lieu en 2015, où des artistes du monde entier sont invités à créer une oeuvre sur un thème de leur choix, dans un lieu qu'ils choisissent eux-mêmes) ; puis à Tôkyô, dans un quartier qui s'est rebaptisé Yanesen, et où les habitants, emmenés par une écrivaine, MORI Mayumi (qui a créé le nouveau toponyme Yanesen, à partir des noms de quartier officiels Yanaka, Nezu, Sendagi), ont pris en main leur propre urbanisme. 
Augustin Berque

jeudi 7 avril 2016

Appel à communications

Hand of Stone, huile sur toile, 2016, 35 x 27 cm
Suzanne Jalenques (c) (courtesy pour Mésologiques)

Appel à communications 

Séminaire Mésologiques 2016-2017


            Pour l’année 2016-2017 (novembre-juin), le séminaire de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales, Paris) « Mésologiques » aura pour thème La genèse des milieux humains : anthropisation, humanisation, hominisation. Cet intitulé fait allusion à la thèse mise en avant par André Leroi-Gourhan, dans Le Geste et la parole (1964), au sujet de l’émergence de notre espèce, Homo sapiens. Par « anthropisation », entendons la transformation physique de l’environnement terrestre sous l’effet des systèmes techniques de l’humanité ; par « humanisation », sa transformation sémantique sous l’effet de nos systèmes symboliques ; et par « hominisation », l’effet en retour de ces transformations sur celle de l’animal en humain.
            Sans l’invoquer, cette thèse était l’illustration même du propos de la mésologie contemporaine, telle que l’ont fondée l’Umweltlehre d’Uexküll et le fûdoron 風土論 de Watsuji ; à savoir le couplage dynamique de tout être vivant (Uexküll), humain en particulier (Watsuji), avec le milieu singulier (Umwelt, fûdo 風土) qui lui est propre en tant que sujet, et qui ne doit donc pas être confondu avec l’environnement universel (Umgebung, kankyô 環境) que, de son point de vue transcendantal (le « regard de nulle part »), considère la science moderne – en l’occurrence l’écologie, qui est une science de l’environnement et non, comme la mésologie, une science des milieux, autrement dit une éco-phénoménologie et une bioherméneutique. L’objet central de la mésologie n’est pas l’environnement, c’est le couplage dynamique de l’être et de son milieu propre – cela qu’Uexküll a nommé le « contre-assemblage » (Gegengefüge) de l’animal et de son milieu, et Watsuji la « médiance » (fûdosei 風土性), qu’il a définie comme « le moment structurel de l’existence humaine » (ningen sonzai no kôzô keiki 人間存在の構造契機).

mercredi 23 mars 2016

Perception et plasticité / M-W. Debono

Mr. Magritte's Hat (1976)
(source)
Séminaire Mésologie, 12 février 2016

Perception et plasticité active du monde

Marc-Williams Debono

Une des hypothèses les plus unificatrices pour rendre compte des propriétés naturelles des systèmes vivants et des différents niveaux de perception et d’information qui leur sont associés est le concept épistémologique de plasticité. Entre matière et forme, entre expérience et conscience, il met à jour une propriété fondamentale de la matière, la plasticité, qui n’est ni émergente, ni purement systémique, mais qui inclut une zone inductrice et structurante à même de conférer la part informelle indispensable à toute évolution singulière d’un système donné (local vs global, génotypique vs phénotypique, matériel vs spirituel, complexe vs simplexe, etc..). Cette évolution, intrinsèquement mésologique, en cela qu’elle ancre l’interface ‘sujet-monde’ dans la plasticité spécifique d’un milieu, prend sa source dans le percept. Percept qui est présenté par l’auteur comme un liant actif, autrement dit le substrat sur lequel nous nous appuyons pour créer des liens étroits entre la cohérence des objets perçus ou émergés et leurs représentations à l’interface cerveau-conscience (lien percept-concept ou intuition-création). Tout l’enjeu est de savoir en quoi la plasticité active du monde, et la plasticité de l’esprit en particulier, sont incontournables dans toute approche écosystémique de la relation.

mercredi 16 mars 2016

Et le monde bascule / Pascal Monteil


L’EDEN: Anywhere out of the world, Pascal Monteil (courtesy)
Vendredi 11 mars 2011, séminaire mésologiques

La représentation en Orient et en Occident

et le monde bascule

Pascal Monteil
Dans le cadre de ce séminaire « Mésologiques » je voudrais vous apporter mon témoignage d’artiste. Je ne suis, je le précise d’entrée, ni historien, ni scientifique, donc ni rigoureux, ni méthodique ni exhaustif. Toute ma démarche est empirique.
Je voudrais commencer cette présentation en vous montrant trois images. Une image perse, une image japonaise, et une image européenne.
 (Nde : ces images sont placées à la suite du texte)

jeudi 10 mars 2016

De lieu en milieu / Augustin Berque

Macrocromía 2009, Lina Sinisterra
Museo de Arte Contemporáneo de Bogotá
Contribution au projet de design d’Isabelle Daëron, Topiques ou l’utopique désir d’habiter les flux. 

De lieu en milieu

– réhabiter la Terre à l’anthropocène –

par Augustin Berque


            Dans un article du numéro de septembre 1960 de la revue Astronautics, « Cyborgs and space », deux précurseurs des TSS (technoself studies) et du transhumain, Manfred Clynes (1925-, inventeur et musicien, l’un des pères du scanner) et Nathan Kline (1916-1983, pionnier de la psychopharmacologie), ont enfanté la notion de cyborg, laquelle, comme Amélie Poulain, allait connaître un fabuleux destin. Revenant sur ce souvenir une génération plus tard dans le Cyborg Handbook de Chris Hable Gray (Routledge, 1995, p. 47), Clynes confiait :

mardi 1 mars 2016

Subjecthood and Nature / Augustin Berque

Ellen Day Hale
Autoportrait d'Ellen Day Hale (1885)
International symposium Japanese ecology and its conflicting edges (Centre européen d’études japonaises d’Alsace, Colmar, 21-23/11/15)

Subjecthood and Nature

Augustin Berque

Abstract. Starting from Descola’s question “To whom does nature belong?”, the present article shows that a same “Mount Horeb principle”, i.e. the absolutization of subjecthood as a subject-predicate of itself, is embodied in the Bible’s sum qui sum as well as in Descartes’ cogito ergo sum. This principle has entailed the modern objectification-mechanization of nature by a transcending human subject. Though, concerning matter, Heisenberg’s physics as well as, concerning life, Imanishi’s “natural science” (without an s) have stressed its inadequacy to the reality of nature, the same Mount Horeb principle still rules our natural sciences (with an s), and correlatively our whole civilization, with its side effects: Anthropocene, and the setting off of the Sixth Extinction of life on this planet; instead of which, a mesological conception of subjecthood is argued.

mercredi 24 février 2016

Qu’est-ce qu’habiter la Terre à l’anthropocène ? / Augustin Berque

(source, Nini la caille)
Séminaire Habiter. L’encrage en littérature contemporaine (ENS, 45 rue d’Ulm, Paris, le 23 février 2016)
Qu’est-ce qu’habiter la Terre à l’anthropocène ?
par Augustin Berque

Sommaire – 1. Le lien écouménal ; 2. La demeure humaine ; 3. Habiter par le corps et par le bâtiment ; 4. Habiter en pureté ; 5. Le feu et le lieu ; 6. La contingence de l’habiter ; 7. Déploiement et inversion de l’habiter humain ; 8. Déshabiter la Terre : l’origine de l’anthropocène ; 9. Du mont Horeb à l’espace foutoir ; 10. Médiance et réhabitation de la Terre.

mercredi 10 février 2016

Landscape and the unsustainable urban realm / Augustin Berque

Photographie aérienne du Musée National de Tôkyô
Photographie aérienne du Musée National de Tôkyô
Adriana Veríssimo Serrão, ed.
Thinking and Walking in the Landscape to Build the City

Landscape and the unsustainable urban realm

Augustin Berque

Abstract.  This article establishes the genealogy of the myth which, in the West as well as in the East, has induced the idealization of the detached house close to “nature” in terms of landscape, and thus produced in the end a pervasive form of settlement – a rural-like form of urbanization covering the whole territory – which, being both ecologically unsustainable and morally unjustifiable, is called for this double reason “the unsustainable urban realm”.

dimanche 7 février 2016

MA / Damien Faure et Augustin Berque

 MA

Damien Faure (réalisateur)

Projection du documentaire MA 1 : Espaces intercalaires à la Maison de la Culture du Japon à Paris le samedi 13 février à 15h00.
Rencontre avec Damien Faure et Augustin Berque à 16h00
Projection du documentaire MA 2 : Milieu à 16h30

mercredi 3 février 2016

Gestalt, perception et relation au monde / Perrine Michon

Gala Eluard par Max Ernst
Gala Eluard, Max Ernst, 1924
Séminaire Mésologiques du 22 janvier 2016

Gestalt, perception et relation au monde

Perrine Michon

L’enjeu de cette intervention est d’interroger l’approche originale des relations organisme-environnement proposée par la gestalt-thérapiecourant né aux Etats-Unis dans les années 1950, fondé par Fritz Perls, s’inspirant de la psychanalyse, de la phénoménologie et de l’existentialisme, et qui cherche à éclairer le mouvement de rencontre, de contact entre l’organisme et son environnement. Résolument inscrite dans une optique sensible et dynamique, qui privilégie le ressenti et la perception corporelle, la gestalt s’intéresse aux processus par lesquels les formes se construisent et se déconstruisent (de « gestalten », mettre en forme, donner une signification) à l’occasion du contact entre l’organisme et l’environnement. Une « gestalt » serait ainsi une forme structurée, complète, qui émerge, dans un « champ », et  sur un fond et prend un sens pour le sujet qui perçoit. Cette approche sort de la description habituelle d’un sujet dans son environnement pour mettre en lumière le processus d’interrelation, ce qui se passe entre le sujet et son environnement. Elle abandonne le schéma classique et statique, de la séparation entre l’interne et l’externe, entre moi et autrui pour s’intéresser aux dysfonctionnements du contact, aux mécanismes de régulation mis en place et à l’ajustement permanent entre un individu et son environnement.