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mercredi 4 mai 2016

De L'Origine de l'oeuvre d'art en mésologie / NHK et Augustin Berque

De L'Origine de l'oeuvre d'art en mésologie
『芸術作品の起源』への風土学的道のり

NHK et Augustin Berque

Ce film a été tourné par la NHK le 16 octobre 2015 lors d'une conférence d'Augustin Berque à l'Institut français du Kansai (à Kyôto), sur le thème "De L'Origine de l'oeuvre d'art* en mésologie". 

Le contenu de cette conférence est proche de celui du texte français "Quant aux montagnes et aux eaux, tout en ayant substance, elle tendent vers l'esprit".
Augustin Berque

mercredi 1 juillet 2015

Quant aux montagnes et aux eaux... / Augustin Berque

Landscape in the style of Tang Yin (1902,Liang Yuwei)
Hong Kong Museum of Art
(source)
Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, 20-27 juin 2015
Colloque Rationalités, usages et imaginaires de l’eau

« Quant aux montagnes et aux eaux,

tout en ayant substance, elles tendent vers l’esprit »

– du principe de Zong Bing à L’Origine de l’œuvre d’art

par Augustin BERQUE

Résumé – Dans le propos de Zong Bing « Quant aux montagnes et aux eaux , tout en ayant substance, elles tendent vers l’esprit » (c. 440), comme dans L’Origine de l’œuvre d’art de Martin Heidegger (1935), on trouve un même principe : la réalité des milieux humains, comme celle des milieux vivants en général, s’établit par dé-voilement (ἀ-λήθεια) de l’identité substantielle en tant que quelque chose (als etwas), ce qui est analogue à la prédication « S en tant que P » (soit ici « S/P »). Mais si la foi considère ce dévoilement comme la vérité (ἀλήθεια), c’est au contraire, pour la science moderne, un voilement du réel (S) par le mythe (P) ; à moins que, dans une perspective mésologique dépassant la modernité, elle n’en vienne à porter justement sa recherche sur la relation S/P.

Abstract – In Zong Bing’s words (c. 440 AD) “As for landscape, while possessing substance, it tends to the spiritual”, as well as in Martin Heidegger’s The Origin of the Work of Art (1935), one can find the same principle: the reality of human milieux, as well as that of living milieux in general, is established through a de-veiling (ἀ-λήθεια) of substantial identity as something (als etwas), which is analogous to the predication “S as P” (represented here as “S/P”). Yet if creed considers this de-veiling as truth (ἀλήθεια), on the contrary, for modern science, it is a veiling of the real (S) by myth (P); unless science, in a mesological perspective overcoming modernity, comes to focus its research precisely on that relation S/P.

mercredi 8 avril 2015

Art et mésologie / Didier Rousseau-Navarre

Installation sculpture en bois
Corse 2014, D. Rousseau-Navarre
Séminaire du 13 décembre 2014
Avec le soutien du Conseil Régional de Champagne Ardenne

Art et mésologie

Didier Rousseau-Navarre

S’agissant de caractériser l’art, je souhaite introduire ma présentation par ce texte de Martin Heidegger.

« L’origine de l’œuvre d’art, c’est l’artiste. L’origine de l’artiste, c’est l’œuvre d’art. Aucun des deux n’est sans l’autre. Néanmoins, aucun des deux ne porte l’autre séparément. L’artiste et l’œuvre ne sont en eux-mêmes et en leur réciprocité que par un tiers qui pourrait bien être primordial : à savoir ce d’où artiste et œuvre d’art tiennent leur nom, l’art. » (1)

Dans cette analyse sur l’origine de l’œuvre d’art, je ressens l’intention d’identifier l’œuvre d’art comme (un sujet), l’art comme (un prédicat), l’artiste comme (Une réalité).

Note de la rédaction : Ce texte a été rédigé par Didier Rousseau-Navarre, sculpteur dont les productions sont visibles sur son site. Il s'agit d'un texte d'artiste doublé de compétences botaniques. Si Didier Rousseau-Navarre cite des auteurs et des concepts qui ont inspiré son œuvre, il ne s'agit pas pour autant d'une thèse scientifique. La mésologie soutient aussi ce type de perspective, mais opère la distinction entre processus d'objectivation (ce vers quoi tend la science) et de subjectivation (ce vers quoi tend l'expérience artistique).

mercredi 17 décembre 2014

Poétique de l’écoumène, pulsation des choses / I. Favre

Stéphanie Cailleau Pierres Bleues
Stéphanie Cailleau, Pierres Bleues
(source)
Séminaire Mésologiques, CR de la séance du 28 novembre 2014

Poétique de l’écoumène, pulsation des choses

Isabelle Favre

And beauty born of murmuring sound
Shall pass into her face [1]

« Pulsation des choses » : cette expression m’a été inspirée par la lecture de l’anthropologue britannique Tim Ingold, et de sa Brève Histoire des lignes, lorsqu’il tente de définir ce que peut être une ligne abstraite. « Dans son essai Du Spirituel dans l’Art, Kandinsky explique que l’abstraction ne consiste pas à vider une œuvre de son contenu pour n’y laisser qu’un contour vide ou une pure forme géométrique. Elle suppose au contraire l’élimination de tous les éléments figuratifs ne renvoyant qu’à l’extériorité des choses, à savoir leur aspect extérieur, afin de révéler ce qu’il appelle leur « nécessité intérieure » […]. [C’est] la force de vie qui les anime et qui, vu qu’elle nous anime aussi, nous permet d’entrer en contact avec elle et de ressentir leur affectivité et leur pulsation de l’intérieur » [2].

mercredi 19 novembre 2014

Comment les choses prennent forme / L. Boi


Structure d'un cristal de calcite Alessandro Da Mommio
Structure d'un cristal de calcite (grossissement : 10x).
© Alessandro Da Mommio (université de Pise)
source

Comment les choses prennent forme ? 

De la singularité en art et en mathématique

L. Boi (EHESS)

L’art et la mathématique ne sont pas que des activités rationnelles, des activités purement logiques, elles ont aussi affaire à des processus intuitifs et sensibles. Elles cherchent à saisir les transformations invisibles internes aux objets et aux choses, et en même temps elles en dévoilent leurs modes de manifestations. Elles ont en commun l’idée d’une générativité intrinsèque du monde, qu’elles travaillent de plusieurs façons et réinventent sans cesse.

mercredi 25 juin 2014

Mésologie, de milieu en art

Taxus baccata Didier Rousseau Navarre
Taxus baccata. 1996 Bois polychrome.
(CC) Didier Rousseau Navarre
Conférence inaugurale, Musée de Sartène,
12 juin – 14 septembre 2014
Mésologie, de milieu en art

Augustin Berque

1. Qu’est-ce que la mésologie ?

Le mot mésologie vient du grec mesos, « au milieu, médian », et logia, « théorie », de logos, « discours ». Cela veut donc dire « théorie des milieux ». Comme le rapporte le philosophe des sciences Georges Canguilhem (1904-1995), ce mot a été publiquement proposé le 7 juin 1848, à la séance inaugurale de la Société de biologie, par un jeune médecin disciple d’Auguste Comte, Charles Robin (1821-1885) :

vendredi 7 mars 2014

Milieu, morphose, phénomène / Journée d'étude

Jonah and the Whale Pieter Lastman
Jonah and the Whale (1621)
Pieter Lastman | Museum Kunstpalast, Düsseldorf
(source)

Milieu, morphose, phénomène

Journée d’étude

Laboratoire d’éco-anthropologie et d’ethnobiologie, UMR 7206 –  USM 104 du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) en association avec l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

15 mars 2014, de 10 h à 18 h
Amphithéâtre Rouelle
Muséum national d’histoire naturelle, Bâtiment de la Baleine, Jardin des plantes, 47 rue Cuvier, 75005 Paris (métro Jussieu ou Gare d’Austerlitz)
*

mercredi 26 février 2014

Prochain séminaire, vendredi 28 mars 2014 / Takashi Kurata sensei

Gouache doro-e de la collection Yanagi
Gouache doro-e de la collection Yanagi,
présentée dans la revue Kōgei, 1937. Mingeikan, Tōkyō.
Mesological life in 1928
Takashi Kurata
Associate professor (philosophy)
Research Institute for Humanity & Nature (RIHN), Kyoto, Japan

In 1928, there were 3 epoch making events related to Mesology in Japan.
First of all, Japanese philosopher, Tetsuro Watsuji, started the lecture on Mesology from a philosophical viewpoint at the first time in this year, focusing on the Japanese word Fudo (milieu) and investigating the various phenomena of interactions between human cultures and natural environments. This lecture was published under the title, Fudo, afterwards.
Secondly, Koji Fujii, who was the first environmental engineer on architecture in Japan, published his main work, Residence in Japan, and built his own house of modern-ecological style, assimilating its construction to the climate and nature in Japan. This house was named Chochikkyo, which literally means the residence listening to the sound of bamboo.

mercredi 27 novembre 2013

Secret / C. Plouviet

Narcisse Le Caravage
Narcisse, Le Caravage (v. 1595)
source
COMPTE RENDU DU SEMINAIRE DU VENDREDI 21 NOVEMBRE 2013

Secret

C. Plouviet

La séance a été consacrée à une présentation éclectique des différentes manières de ne pas exclure le tiers.

La recherche d'un dénominateur commun aux sciences ("dures" et "humaines") et aux arts est au centre de l'attention de Claude Plouviet. En distinguant "phénomènes relationnels" et "interactions identitaires", M. Plouviet recense un vaste panel théorique et artistique des alternatives au TOM (Topos Ontologique Moderne).

Les auteurs et les références sont nombreux, de Stéphane Lupasco à Magritte, du deuxième principe de la thermodynamique à la linguistique de Ferdinand de Saussure, de la mésologie berquienne aux travaux de Jean-Marie Lehn, etc. Nous mettons en ligne le (long) texte qu'il nous a transmis (102p.) ainsi que le fichier ppt qui accompagnait son exposé. 

mercredi 16 octobre 2013

De l'acte artistique à un milieu humain / A. Berque

Mother and Child Fritz Stuckenberg
Mother and Child, Fritz Stuckenberg (1920)
source
Symposium international
Développement humain et milieu de vie
Quels partenariats Université/Monde associatif à travers l’acte artistique ?
Armentières / Le Favril, 11-13 octobre 2013

De l’acte artistique à un milieu humain

par Augustin BERQUE

 

1. Le litige entre terre et monde

 

Beaucoup d’entre nous avons en mémoire au moins le titre d’un texte fameux de Heidegger, L’origine de l’œuvre d’art (Der Ursprung des Kunstwerkes, 1935-1936). Il y est question d’un « litige » (Streit) obscur entre la terre et le monde, à propos duquel Heidegger écrit ceci :

Ce vers où l'œuvre se retire, et ce qu'elle fait ressortir par ce retrait, nous l'avons nommé la terre. Elle est ce qui, ressortant, reprend en son sein (das Hervorkommende-Bergende). La terre est l'afflux infatigué et inlassable de ce qui est là pour rien. Sur la terre et en elle, l'homme historial fonde son séjour dans le monde. Installant un monde, l'œuvre fait venir la terre (Indem das Werk eine Welt aufstellt, stellt es die Erde her). Ce faire-venir doit être pensé en un sens rigoureux. L'œuvre porte et maintient la terre elle-même dans l'ouvert d'un monde. L'œuvre libère la terre pour qu'elle soit une terre[1].

mercredi 28 août 2013

De milieu en art / A. Berque

Pépin de raisin en bronze sur ceps de vigne Didier Rousseau-Navarre
Pépin de raisin en bronze sur ceps de vigne
Didier Rousseau-Navarre, 2013
Courtoisie de l'auteur (cc)
Conférence d’ouverture à l’exposition de Didier Rousseau-Navarre Mésologiques 22 août – 22 septembre 2013
Centre d’art CAMAC, Marnay-sur-Seine http://camac.org

La mésologie, de milieu en art

A. Berque


1. Qu’est-ce que la mésologie ?


Le mot mésologie vient du grec mesos, « au milieu, médian », et logia, « théorie », de logos, « discours ». Cela veut donc dire « théorie des milieux ». Comme le rapporte le philosophe des sciences Georges Canguilhem (1904-1995), ce mot a été publiquement proposé le 7 juin 1848, à la séance inaugurale de la Société de biologie, par un jeune médecin disciple d’Auguste Comte, Charles Robin (1821-1885) :