Affichage des articles dont le libellé est science naturante. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est science naturante. Afficher tous les articles

mercredi 22 janvier 2020

Milieu, contingence et sens dans la nature / Augustin BERQUE

source
Université Clermont-Auvergne, Laboratoire Philosophies et Rationalités (Phier) Journée d’étude sur « le milieu » MSH de Clermont-Ferrand, 16 janvier 2020 

Milieu, contingence et sens dans la nature 

par Augustin BERQUE 

Résumé – En référence à la mésologie (Umweltlehre) de Jakob von UEXKÜLL (1864-1944), à la logique du lemme de YAMAUCHI Tokuryû (1890-1982) et à la « science naturelle » (shizengaku 自然学) d’IMANISHI Kinji (1902-1992), on examine ici le rapport entre hasard, contingence et nécessité dans l’évolution des espèces. 

Plan – Introduction : De scolastique en mésologie ; § 1. Sémiose, mythe et réalité ; § 2. Tétralemme et actualisation de l’être ; § 3. Évolution et contingence ; § 4. Le bébé s’est mis debout, of course. 

Introduction : De scolastique en mésologie Un adage des Scolastiques nous enseigne que « signe de signe est signe de chose » (nota notae est nota rei) . Cette formule a sans doute pour ancêtre un passage des Catégories d’Aristote , disant en somme qu’un signe est réifié (ou hypostasié, substantialisé) par un second signe, prédicat qui en fait son sujet . Cette idée, comme on le verra, peut se ramasser dans la formule (S/P)/P’, amorçant ce que j’appellerai ici une chaîne trajective. Je rapprocherai cette notion de celle de chaîne sémiologique chez Barthes et de celle de sémiose chez Peirce pour proposer une interprétation mésologique de la question du sens dans l’évolution des espèces.

Lire la suite

mercredi 5 septembre 2018

Au delà de la modernité ? / Augustin Berque

Pioneer x McIntosh (Faith Fylesca, 1920)
 Musée de l'agriculture de l’alimentation du Canada
Colloque « Représentations de la nature à l’âge de l’anthropocène » Université Jean Moulin et IETT, Lyon, 22-23 mars 2018 

Au delà de la modernité ? 

La nature dans la « science naturelle » d’Imanishi et dans l’« agriculture naturelle » de Fukuoka 

par Augustin Berque 

Plan : § 1. L’histoire humaine de la nature serait-elle une histoire de milieu ? ; § 2. La modernité, cela se dépasse-t-il ? ; § 3. Imanishi : renaturer la science ; § 4. Fukuoka : renaturer l’agriculture ; § 5. Conclusion : natura natura semper.

§ 1. L’histoire humaine de la nature serait-elle une histoire de milieu ? 

En 1968, Serge Moscovici (1925-2014) publia un essai mémorable sur ce qu’il qualifiait d’histoire humaine de la nature. Dans la réédition de 1977 en collection Champs, il formulait en quatrième de couverture le souhait « que ce livre, écrit avant son temps, aille à la rencontre de ses lecteurs, ceux d’un temps où, à force de parler de la nature, on en vient presque à oublier qu’elle a une histoire, la nôtre ». Mais pourquoi donc ce livre aurait-il été « écrit avant son temps » ? Et un demi-siècle après 1968, ce temps-là serait il enfin advenu ? L’idée centrale de Moscovici, telle qu’Amazon la met en avant, c’était que « la nature et l’homme travaillent ensemble à forger leur histoire, parce que l’homme est à la fois sujet et créateur de la nature : ‘Nous ne vivons pas dans une nature [sic ; le texte écrit en fait, p. 542, ‘une nature’] qui était présente avant que notre espèce émergeât’ . (…) Serge Moscovici tente, en pionnier, de montrer comment l’homme, être de labeur, n’a de cesse de bouleverser la nature pour l’inventer ».

LIRE LA SUITE

mercredi 7 janvier 2015

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ? / A. Berque

Deux hommes contemplant la lune Caspar David Friedrich
Deux hommes contemplant la lune
Caspar David Friedrich (1774-1840)
(The metropolitan museum of art)
Cercle de philosophie de la nature
4e symposium : Devenir et structure
École des hautes études en sciences sociales, 5-7 novembre 2014

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ?

Augustin BERQUE

Résumé – Vers la fin de sa carrière, IMANISHI Kinji (1902-1992) a résumé sa méthode scientifique dans le concept de « science naturante » (shizengaku 自然学), en l'opposant à la notion ordinaire de sciences naturelles (shizen kagaku自然科学). Il s'agit fondamentalement d'un rejet du dualisme moderne, lequel a fait de la nature un objet. Cette science naturante postule que l'observateur peut dans une certaine mesure s'identifier au mouvement même de la nature, s'agissant notamment de l'évolution des espèces, à propos de laquelle Imanishi rejette catégoriquement le paradigme néo-darwiniste en postulant que, dans l'évolution, joue la subjectité de l'espèce en tant que telle, et non pas seulement la statistique d'une population d'organismes. Cette position a fait ostraciser l'idée de science naturante par la communauté scientifique nippone, mais les critiques adressées par Imanishi au paradigme actuel des sciences naturelles sont loin d'être toutes aberrantes. On reviendra ici sur ces questions en tentant d'évaluer leur validité.