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mercredi 25 mars 2015

Where is knowledge ? / Augustin Berque

The Fall of Man de Lucas Cranach
The Fall of Man, Lucas Cranach (XVIe)
(source)
Paru dans  
Dokkyo kokusai kôryû nenpô 
Dokkyo international review, XIV, 2001, 67-90.
International conference on
 Knowledge and Place
Sôka, Dokkyo University, 
9-10 December 2000

Where is knowledge ?

In the mediate data of the unconscious

by Augustin BERQUE
EHESS/CNRS, Paris & Miyagi University, Sendai

mercredi 7 janvier 2015

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ? / A. Berque

Deux hommes contemplant la lune Caspar David Friedrich
Deux hommes contemplant la lune
Caspar David Friedrich (1774-1840)
(The metropolitan museum of art)
Cercle de philosophie de la nature
4e symposium : Devenir et structure
École des hautes études en sciences sociales, 5-7 novembre 2014

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ?

Augustin BERQUE

Résumé – Vers la fin de sa carrière, IMANISHI Kinji (1902-1992) a résumé sa méthode scientifique dans le concept de « science naturante » (shizengaku 自然学), en l'opposant à la notion ordinaire de sciences naturelles (shizen kagaku自然科学). Il s'agit fondamentalement d'un rejet du dualisme moderne, lequel a fait de la nature un objet. Cette science naturante postule que l'observateur peut dans une certaine mesure s'identifier au mouvement même de la nature, s'agissant notamment de l'évolution des espèces, à propos de laquelle Imanishi rejette catégoriquement le paradigme néo-darwiniste en postulant que, dans l'évolution, joue la subjectité de l'espèce en tant que telle, et non pas seulement la statistique d'une population d'organismes. Cette position a fait ostraciser l'idée de science naturante par la communauté scientifique nippone, mais les critiques adressées par Imanishi au paradigme actuel des sciences naturelles sont loin d'être toutes aberrantes. On reviendra ici sur ces questions en tentant d'évaluer leur validité.

mercredi 10 décembre 2014

La logique du haïku / A. Berque

Calligraphie
source
XXIIIes Lectures sous l’arbre, 17-24 août 2014
21 août, Le Chambon, À l’arbre vagabond

La logique du haïku

Augustin Berque


1. Définir le haïku
            La première édition du Petit Larousse (1906) ignore le haïku. Celle de 2001 le définit comme « Petit poème japonais constitué d’un verset de 17 syllabes ».  Le plus littéraire de nos grands dictionnaires, le Dictionnaire culturel en langue française d’Alain Rey (Le Robert, 2005, 5 vol.), le définit comme « Poème classique japonais de trois vers issu de la strophe nommée haïkaï, dont le premier et le troisième sont pentasyllabiques, le deuxième heptasyllabique (5-7-5, soit 17 syllabes) », et lui consacre en outre un encadré de deux demi-pages, où l’on peut lire entre autres que le haïku « condense une perception fugitive du monde sensible », où  « derrière l’apparente facilité et la spontanéité se cachent une rigueur formelle et une thématique très codifiée, où alternent et se mêlent notations sur la nature, les saisons, les travaux et les jours, les sentiments, comme dans ces trois variations sur l’averse :

mardi 2 décembre 2014

Le concept de "spéciété" est-il opératoire ? / A. Berque

Proposed to the International Journal of Contemporary Sociology, special issue on “Sociality, culture and nature”.

Is the concept of speciety
rationally operative ?

by Augustin BERQUE

Monkeys Chao Shao-an
Monkeys (1960-70) Chao Shao-an (Hong Kong Heritage Museum)
(source)

Abstract – The paper discusses the validity of the concept of shushakai put forward by the Japanese naturalist Kinji Imanishi. It proposes to translate this concept with speciety, defining it as the fact of being a species as a society, not as a mere population ; a society endowed with subjecthood, thus possessing its own specific world and evolving in relation to that world, rather than to the environment in general. The point of view is that of mesology, i.e. the study of milieu as distinct from the environment, which is the object of ecology. Mesology in that sense corresponds to Umweltlehre in Uexküll’s sense, and to fûdogaku in Watsuji’s sense.

mercredi 26 novembre 2014

Is the concept of speciety rationally operative ? / A. Berque

Proposed to the International Journal of Contemporary Sociology, special issue on “Sociality, culture and nature”.

Is the concept of speciety
rationally operative ?

by Augustin BERQUE


Abstract – The paper discusses the validity of the concept of shushakai put forward by the Japanese naturalist Kinji Imanishi. It proposes to translate this concept with speciety, defining it as the fact of being a species as a society, not as a mere population ; a society endowed with subjecthood, thus possessing its own specific world and evolving in relation to that world, rather than to the environment in general. The point of view is that of mesology, i.e. the study of milieu as distinct from the environment, which is the object of ecology. Mesology in that sense corresponds to Umweltlehre in Uexküll’s sense, and to fûdogaku in Watsuji’s sense.

mercredi 5 novembre 2014

Point de parole et paysage / A. Berque

Mont Fuji Paru dans Revue des sciences humaines,
282 (2/2006), p. 29-40.

POINT DE PAROLE ET PAYSAGE
DANS LE HAÏKU
par Augustin BERQUE

École des hautes études en sciences sociales / CNRS

jeudi 29 mai 2014

Qu’est-ce qu’une intériorité nippone ? / Augustin Berque

L’intérieur-extérieur nippon idéalisé au Rikugi kôen (Tokyo)
L’intérieur-extérieur nippon idéalisé au Rikugi kôen (Tokyo).
Cliché Francine Adam, 11 mai 2005.
Société française des architectes / CNRS
Colloque international Le silence habité des maisons
–  23-24 mai 2014, SFA  –
Qu’est-ce qu’une intériorité nippone ?
Augustin Berque

Résumé – Le thème de l’intérieur (uchi ) est au Japon fort prégnant, de la définition de la personne à celle du territoire, en passant par la maison. Dans une conversation ordinaire, suivant l’occasion, le même terme uchi pourra correspondre au français « je », « chez moi », « ma famille », « notre entreprise », etc.. Dans le milieu nippon, la topologie du rapport dedans/dehors s’agence à diverses échelles, investissant l’intériorité du sujet dans des objets divers, ce qui diffère essentiellement de l’abstraction du « je » cartésien, mais traduit un aspect universel de l’habiter humain. 

1. Ce que nous appelons « maison »
Comme en anglais avec house et home, il y a en japonais deux termes courants pour dire « maison » : ie et uchi. Les deux termes peuvent être transcrits par le même sinogramme , qui selon le contexte pourra donc se lire soit ie, soit uchi ; il s’applique toutefois le plus généralement à ie. 

jeudi 24 avril 2014

Qu'est-ce qu'une poétique de la Terre ? / A. Berque sur Rfi

Poétique de la Terre Augustin Berque

Qu'est-ce qu'une poétique de la Terre ?

Rfi / Augustin Berque

A l'occasion de la parution de son dernier ouvrage, Rfi a invité le géographe et philosophe Augustin Berque autour de la question suivante : « Qu'est-ce qu'une poétique de la Terre ? »

Renaturer la culture, reculturer la nature, par l’histoire : tel est le propos du livre Poétique de la Terre. Il commence, en première partie, par la question du sujet, en montrant que l’exaltation du sujet individuel moderne a entraîné une décosmisation qui à terme est mortelle, car aucun être ne peut vivre sans un monde commun (kosmos). Nous devons donc recosmiser notre existence. La seconde partie montre que l’arrêt sur objet propre à la modernité aboutit à dépouiller les choses de leur sens, faisant notamment du langage une aporie. Nous avons à remettre les mots et les choses dans le fil de leur histoire commune (leur croître-ensemble : concrescence), c’est-à-dire à les reconcrétiser. La troisième partie montre enfin que réembrayer la nature et la culture passe nécessairement par la question du rapport entre histoire et subjectivité, ce à tous les degrés de l’être, allant, par l’évolution, de la vie la plus primitive jusqu’à la conscience la plus humaine... (4ème de couverture de l'ouvrage Poétique de la Terre d'Augustin Berque aux Editions Belin).


mercredi 5 mars 2014

Les formes et les interactions / L. Boi

Jean-Jacques Rousseau, vue depuis son pavillon d'Ermenonville gravure
Jean-Jacques Rousseau,
vue depuis son pavillon d'Ermenonville,
gravure (19e siècle, d'après G.F. Meyer)
source

Les formes végétales et les interactions homme-nature : de Rousseau à quelques idées récentes de la botanique

Luciano Boi (EHESS-CAMS / Équipe de Mésologie)

« Une plante est un chant dont le rythme déploie une forme certaine, et dans l’espace expose un mystère du temps. » 
(Paul Valéry, Dialogue de l’arbre, 1943.)

1. Observation, théorisation et la corrélation entre sujet et objet

En face du monde naturel en général et de celui végétal en particulier, il faut beaucoup d’attention, et une méditation particulière, vouées à l’observation et ouvertes à la contemplation en même temps. Il s’agira d’une attention capable d’accueillir d’abord les appels qui viennent des choses avant même de les analyser avec un point de vue arrêté. C’est dire que l’observation ne doit pas se fonder sur des préjugés et encore moins être dictée par des dogmes, encore qu’elle peut s’inspirer de conceptions antérieures et être orientée par des points de vues existants qui nous indiquent seulement la perspective selon laquelle il convient d’observer.

mercredi 1 mai 2013

Sujet et paysage / A. Berque


Der Wanderer über den Nebelmeer Caspar David Friedrich
Der Wanderer über den Nebelmeer, 1816,
Caspar David Friedrich
(source)
Colloque international « Paysage et imagination » 

École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, 2-4 mai 2013 

De la constitution du sujet dans le paysage

Augustin Berque

1. Au-dessus de la mer de nuages ?


Le tableau célèbre de Caspar David Friedrich, Le Voyageur au-dessus de la mer de nuages (Der Wanderer über den Nebelmeer, 1816, Hamburger Kunsthalle) nous laissera toujours à imaginer quel personnage se trouve là, et à quoi il pense. La mer de nuages, est-ce l’objet de son regard, ou son regard lui-même ? Et ce regard, ne serait-ce pas le nôtre ? Ni la langue française, ni d’ailleurs aucune langue européenne, ne nous aide ici à répondre. Le « sujet », ce peut être la scène que peint le tableau, ou le personnage qui regarde cette scène, ou encore nous-mêmes, à travers ce personnage. Faut-il vraiment, peut-on même ici distinguer un « sujet » d’un « objet » ? Le tableau, certes, forme une unité, mais cette unité se limite-t-elle à son contour ? Ou bien l’outrepasse-t-elle, nous emportant nous aussi au-dessus de la mer de nuages ? Mais alors, quel serait le lieu de ce sujet qui serait aussi l’objet – le spectateur et la mer de nuages ?

vendredi 11 novembre 2011

Les concepts de nature. Chine-Europe, une perspective transculturelle / Augustin Berque


Birds and flowers, detail from a horizontal scroll (Chao Chi)
Birds and flowers, detail from a horizontal scroll (Chao Chi)
Pour East Asian Science, Technology and Medicine, Tübingen.

Review of  Concepts of nature.
A Chinese-European cross cultural perspective
edited by Hans Ulrich Vogel & Günter Dux
with an overview and introduction by Mark Elvin,
Leiden.Boston : Brill, 2010, 566 p.

mercredi 1 juin 2011

Causalité et origine des milieux humains / Augustin Berque


Utagawa Kuniyoshi
Estampe sans titre d'"Utagawa Kuniyoshi (歌川 国芳), 1798-1861 femme-paysage
Condensé de l’exposé présenté lors de la conférence-débat 
« Causalité et origine » 
organisée le 27 mai 2011 à l’EHESS
avec la participation de TRINH Xuan Thuan et de Luciano BOI

I. La première expression d'une problématique des milieux, en Occident, se trouve dans le Timée, où Platon l'exprime par la notion de chôra. À côté de l'être absolu (ontôs ôn, eidos, idea) et de l'être relatif (genesis) qui en est le reflet, la chôra est d'un "troisième et autre genre" (triton allo genos). Elle n'a pas de commencement, et par rapport à la genesis dont elle est la condition d'existence, elle est à la fois empreinte (ekmageion) et matrice (mêtêr, tithênê). Il n'y a donc là ni origine, ni causalité, mais plutôt un rapport qui évoque la co-suscitation entre l'existant et son milieu, et que l’on pourrait rapprocher de la notion de coproduction conditionnée dans le bouddhisme du Grand Véhicule (sk pratîtya samutpâda, cn yuanqi 縁起, jp engi).