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mercredi 25 mars 2015

Where is knowledge ? / Augustin Berque

The Fall of Man de Lucas Cranach
The Fall of Man, Lucas Cranach (XVIe)
(source)
Paru dans  
Dokkyo kokusai kôryû nenpô 
Dokkyo international review, XIV, 2001, 67-90.
International conference on
 Knowledge and Place
Sôka, Dokkyo University, 
9-10 December 2000

Where is knowledge ?

In the mediate data of the unconscious

by Augustin BERQUE
EHESS/CNRS, Paris & Miyagi University, Sendai

mercredi 21 janvier 2015

Existe-t-il une rationalité non cartésienne au Japon ? / A. Berque

Interior Passage in the Colosseum François Diday
Interior Passage in the Colosseum
François Diday (1802-1877)
(The metropolitan museum of art)
Colloque international Fortune de la philosophie cartésienne au Japon
– Université libre de Bruxelles, 16-17 octobre 2014 –

Existe-t-il une rationalité non cartésienne au Japon ?

– vers une issue à l’acosmie bas-moderne –

Augustin BERQUE


Résumé – Si le cogito, et à sa suite le sujet moderne, a prétendu affranchir son être de tout lieu et de tout milieu, NISHIDA Kitarô (1870-1945), et à sa suite l'école de Kyôto, a prétendu à l'inverse subsumer l'être dans le lieu ou le milieu (basho). Ce culbutage du paradigme occidental moderne classique fascine toujours de nombreux philosophes, tant japonais qu'étrangers. Effectivement, il peut sembler remédier au défaut essentiel de ce paradigme, qui à force d'abstraire le sujet humain de son milieu en est arrivé à menacer la possibilité de son existence même sur la planète Terre. Il mène toutefois à l'excès inverse : un ethnocentrisme mystique incapable de prendre en compte rationnellement les problèmes concrets de l'existence humaine dans son milieu terrestre (l'écoumène). On cherchera ici une voie moyenne entre ces deux extrêmes, dans le fil de la mésologie de Jakob von UEXKÜLL (1864-1944) et de WATSUJI Tetsurô (1889-1960) .

mardi 13 janvier 2015

Y a-t-il un pur apparaître du paysage ? / Augustin BERQUE

Séminaire « Paysages culturels »
MNHN, UMR « Hommes, natures, sociétés » / IRD/PALOC
Amphithéâtre Rouelle, 47 rue Cuvier, 30/10/14, 17-19 h

Y a-t-il un pur apparaître du paysage ?

par Augustin BERQUE

Peinture calligraphie
(source)

mercredi 7 janvier 2015

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ? / A. Berque

Deux hommes contemplant la lune Caspar David Friedrich
Deux hommes contemplant la lune
Caspar David Friedrich (1774-1840)
(The metropolitan museum of art)
Cercle de philosophie de la nature
4e symposium : Devenir et structure
École des hautes études en sciences sociales, 5-7 novembre 2014

Peut-on rationnellement parler de « science naturante » (shizengaku 自然学) ?

Augustin BERQUE

Résumé – Vers la fin de sa carrière, IMANISHI Kinji (1902-1992) a résumé sa méthode scientifique dans le concept de « science naturante » (shizengaku 自然学), en l'opposant à la notion ordinaire de sciences naturelles (shizen kagaku自然科学). Il s'agit fondamentalement d'un rejet du dualisme moderne, lequel a fait de la nature un objet. Cette science naturante postule que l'observateur peut dans une certaine mesure s'identifier au mouvement même de la nature, s'agissant notamment de l'évolution des espèces, à propos de laquelle Imanishi rejette catégoriquement le paradigme néo-darwiniste en postulant que, dans l'évolution, joue la subjectité de l'espèce en tant que telle, et non pas seulement la statistique d'une population d'organismes. Cette position a fait ostraciser l'idée de science naturante par la communauté scientifique nippone, mais les critiques adressées par Imanishi au paradigme actuel des sciences naturelles sont loin d'être toutes aberrantes. On reviendra ici sur ces questions en tentant d'évaluer leur validité.

mercredi 25 juin 2014

Mésologie, de milieu en art

Taxus baccata Didier Rousseau Navarre
Taxus baccata. 1996 Bois polychrome.
(CC) Didier Rousseau Navarre
Conférence inaugurale, Musée de Sartène,
12 juin – 14 septembre 2014
Mésologie, de milieu en art

Augustin Berque

1. Qu’est-ce que la mésologie ?

Le mot mésologie vient du grec mesos, « au milieu, médian », et logia, « théorie », de logos, « discours ». Cela veut donc dire « théorie des milieux ». Comme le rapporte le philosophe des sciences Georges Canguilhem (1904-1995), ce mot a été publiquement proposé le 7 juin 1848, à la séance inaugurale de la Société de biologie, par un jeune médecin disciple d’Auguste Comte, Charles Robin (1821-1885) :

mercredi 16 avril 2014

Poisson
Ebisu n° 49 (printemps-été 2013)
 

Tétralemme et milieu humain

– la mésologie à la lumière de Yamauchi 


par Augustin BERQUE

Résumé – On rapproche les principaux concepts de la mésologie – prise, médiance, trajection… – de la logique du lemme mise en avant par Yamauchi Tokuryû dans Logos et lemme. L’ordre où celui-ci, dans le tétralemme, place la binégation avant la biassertion, en particulier, est rapproché de la définition de la réalité des milieux comme r = S/P (S en tant que P). La logique des milieux (vivants en général ou humains en particulier) serait donc une lemmique.
Mots clefs – Lemme, médiance, milieu, prise, tétralemme, trajection, Yamauchi.

mercredi 26 mars 2014

Où réside l'esprit du lieu ?

Paysage à Champrosay Eugène Delacroix
Paysage à Champrosay (Eugène Delacroix,vers 1849)
MuMa - Musée d'art moderne André Malraux
(source)

Où réside l'esprit du lieu ? 

A. Berque

Vidéo (83 min)

Contexte de production :
La première chaire de l’Université de Corse est intitulée "Développement des territoires et innovation". A l’heure où l’occupation et l’aménagement de l’espace deviennent des problématiques cruciales en Corse, l'Université de Corse apporte une contribution à la réflexion en matière de paysage, d’architecture et d’urbanisme. Penser de façon équilibrée la relation société/environnement, en assumant tout à la fois les dimensions économique, technologique et symbolique du milieu humain, engendrer un dialogue entre conception théorique et pratique de terrain, voilà la double ambition de cette chaire proposée par la Fondation de l'Université de Corse et le Laboratoire Lieux, Identités, eSpaces et Activités (CNRS / Université de Corse).

mercredi 4 décembre 2013

Le territoire des meisho / A. Berque

Pèlerins de la cascade Kirifuri du mont Kurokam Katsushika Hokusai
Pèlerins de la cascade Kirifuri du mont Kurokam
Katsushika Hokusai, 1831-32
source : Philadelphia Museum of Art
Paru dans  Les rameaux noués. Hommages offerts à Jacqueline Pigeot, sous la direction de Cécile SAKAI, Daniel STRUVE, TERADA Sumie et Michel VIEILLARD-BARON, Paris, Collège de France : Institut des hautes études japonaises, 2013, p. 23-36.

 Le territoire des meisho

par Augustin Berque

1. Michiyuki-bun
Rappelons d’abord les grandes lignes de Michiyuki-bun. Poétique de l’itinéraire dans la littérature du Japon ancien[1], la thèse fameuse qui valut à Jacqueline Pigeot le prix Yamagata Bantô, le plus prestigieux de la japonologie. C’est là que j’ai découvert la question des « lieux renommés », les meisho 名所.
            Le mot michiyuki-bun 道行文, qui signifie « littérature (bun) d’itinéraire (michiyuki) », a été créé par la philologie moderne pour désigner un type de littérature qui se développa au XIIIe siècle et connut une grande faveur à l’époque Muromachi (XIVe – XVIe siècles).  Il s’agit de la relation de voyages fictifs dans des lieux connus, dont le style se caractérise par une prose rythmée (surtout des heptamètres et des pentamètres alternés), évoquant la nostalgie du voyageur, riches en toponymes et en citations de poèmes anciens, et mettant systématiquement en œuvre des tropes appelés engo 縁語 et kakekotoba 掛詞.

mercredi 13 novembre 2013

La mésologie, pourquoi et pour quoi faire ? / A. Berque

Young Ladies Planting Rice Kawai Gyokudō
Young Ladies Planting Rice (Kawai Gyokudō, 1945)
source : Yamatane Museum of Art
P o u r – q u o i
– Cycle de conférences à l’Université de Nanterre –

La mésologie, pourquoi et pour quoi faire ?

Conférence du mercredi 4 décembre 2013
par Augustin Berque

1. L’incompréhension première
Le premier contact que j’ai eu avec la mésologie, ce fut sans le savoir. C’était un jour d’août 1969, à Tokyo, où je me trouvais depuis peu. J’y étais venu avec l’intention de préparer ma thèse au Japon, une thèse de géographie régionale ; et ce jour-là, je rendais visite à un professeur auquel mes maîtres français m’avaient recommandé, le géographe Kobori Iwao[1], pour lui demander conseil à propos du choix de mon sujet. Il parlait français, ce qui valait mieux parce qu’à ce moment-là, je m’exprimais encore très mal en japonais. Au moment de nous séparer, il me prêta un livre qui, me dit-il, m’aiderait mieux que tout autre à comprendre le Japon. Comme je le préciserai tout à l’heure, ce livre est l’un des deux grands classiques de la mésologie. Quarante ans plus tard, je l’ai traduit en français ; vous pouvez donc le lire, c’est Fûdo. Le milieu humain, de Watsuji Tetsurô[2].

mercredi 23 octobre 2013

Renaturer la culture, reculturer la nature, par l’histoire / A. Berque

Test de Rorschach planche 3
Test de Rorschach, planche 3.
À paraître dans Entropia, numéro spécial « L’histoire désorientée », octobre 2013.

Renaturer la culture, reculturer la nature, par l’histoire

Augustin Berque

1. Au delà de Wittgenstein ?


« Renaturer la culture, reculturer la nature » : cette formule d’inspiration marxienne – elle descend d’un thème des Manuscrits de 1844 : « Naturalisierung des Menschen, Humanisierung der Natur » (naturalisation de l’humain, humanisation de la nature) –, je l’ai déjà invoquée voici une quinzaine d’années au début d’un livre où je tentais de poser les principes d’une mésologie, partant de l’idée que la relation des sociétés humaines à l’étendue terrestre s’établit et fonctionne d’une manière que la dichotomie classique entre le subjectif et l’objectif ne permet pas de saisir[1].