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mercredi 27 janvier 2016

Milieu perceptif / Augustin Berque


Instant Landscape- mirror #1 (Kim, Nampyo, 2011)
Korean Art Museum Association (source)
Proposé à l’Espace géographique.

Perception de l’espace, ou milieu perceptif ?

par Augustin BERQUE


Résumé – Discutant le problème de la perception du point de vue mésologique – celui de l’Umweltlehre d’Uexküll et du fûdoron de Watsuji –, en passant par les affordances de Gibson, l’en-tant-que (als) heideggérien et la sémiose peircienne, l’on parvient à la conclusion que ce que l’on perçoit, dans l’indépassable corrélation de la nature, de l’histoire et du mythe, ce sont les prises que nous offrent les choses dans notre milieu spécifique, non des objets dans l’espace universel de l’extensio cartésienne.

Mots clefs : chose, milieu, objet, perception, prise, réalité.

mercredi 6 janvier 2016

La perception de milieu en Égypte ancienne / Claire Somaglino


Faience dish decorated with a scene of the River Nile
1340 av. J.-C. - 1200 av. J.-C.
(source)
Compte rendu du séminaire "Mésologiques" pour la séance du vendredi 11 décembre 2015

La perception du milieu en Égypte ancienne 

au prisme de la toponymie

Claire Somaglino

Les anciens Égyptiens ont laissé peu de textes ou de représentations qui explicitent leur perception de l’espace dans lequel ils évoluaient. La catégorie du « paysage » n’existe pas à cette époque et il faut donc trouver d’autres entrées pour appréhender leurs interactions avec leur milieu. La toponymie constitue à ce titre un outil essentiel car dénommer les lieux est un acte symbolique fort et particulièrement révélateur des relations hommes-milieu. Dans cette perspective, l’approche proposée par la mésologie s’est révélée être particulièrement opératoire pour comprendre la construction et l’évolution du milieu en Égypte antique.

mardi 14 avril 2015

Les ambiances sensibles et le milieu existentiel / Fabio La Rocca

Graffiti à Toulouse
Graffiti à Toulouse (source)
Exposé au séminaire « Mésologiques » du 13 février 2015
(texte condensé)

Les ambiances sensibles et le milieu existentiel

par Fabio La Rocca

Résumé : Le quotidien urbain s’invente et se réinvente. Il en résulte que la relation singulière que nous établissons avec les lieux des métropoles est le produit des effets du milieu territorial d’un point de vue symbolique et affectif. L’espace vécu en commun favorise ainsi une identification collective avec le développement d’une diversité de pratiques sensibles qui constitue la variété des ambiances et une forme de narration de la scène urbaine et sociale. Ecouter, sentir, toucher les espaces : une expression sensorielle et sensible qui affecte nos parcours et nos relations au milieu et à sa diversité symbolique. Les ambiances de la vie quotidienne urbaine créent dans leur ensemble une unité significative de construction de lieux de socialité, d’espaces d’émotions, ou bien d’espaces sensibles. 

mercredi 19 novembre 2014

Comment les choses prennent forme / L. Boi


Structure d'un cristal de calcite Alessandro Da Mommio
Structure d'un cristal de calcite (grossissement : 10x).
© Alessandro Da Mommio (université de Pise)
source

Comment les choses prennent forme ? 

De la singularité en art et en mathématique

L. Boi (EHESS)

L’art et la mathématique ne sont pas que des activités rationnelles, des activités purement logiques, elles ont aussi affaire à des processus intuitifs et sensibles. Elles cherchent à saisir les transformations invisibles internes aux objets et aux choses, et en même temps elles en dévoilent leurs modes de manifestations. Elles ont en commun l’idée d’une générativité intrinsèque du monde, qu’elles travaillent de plusieurs façons et réinventent sans cesse.

mercredi 2 avril 2014

Préface à "Pour un vocabulaire de la spatialité japonaise" / A. Berque

Couple with a Standing Screen K. Utamaro
Couple with a Standing Screen (1797 ) K. Utamaro
Museum of Fine Arts, Boston
(source)
Préface à Pour un vocabulaire de la spatialité japonaise 
(dir. P. Bonnin)

par Augustin Berque

            Si la spatialité nippone fascine en Occident, c’est d’abord dans les milieux de l’architecture, comme il se doit puisque ce sont les architectes qui s’occupent de mettre l’espace en formes concrètes. On ne s’étonnera donc pas que ce soit un architecte, Philippe Bonnin, qui ait entrepris de réaliser un Vocabulaire de la spatialité japonaise. Mais pour cet architecte qui est aussi anthropologue, il ne pouvait s’agir seulement d’un dictionnaire de l’architecture japonaise. L’entreprise va bien au delà, car elle part d’une interrogation anthropologique sur ce que c’est concrètement que l’espace dans la culture nippone. Certes, on peut se poser une pareille question à propos de toutes les cultures humaines ; mais il y avait dans le cas du Japon des raisons plus pressantes de le faire. D’où l’intérêt tout particulier de ce Vocabulaire, qui réussit l’exploit d’y apporter une réponse coordonnant une approche pluridisciplinaire, ayant mobilisé pendant plusieurs années des dizaines de chercheurs venus de champs divers.

vendredi 7 mars 2014

Milieu, morphose, phénomène / Journée d'étude

Jonah and the Whale Pieter Lastman
Jonah and the Whale (1621)
Pieter Lastman | Museum Kunstpalast, Düsseldorf
(source)

Milieu, morphose, phénomène

Journée d’étude

Laboratoire d’éco-anthropologie et d’ethnobiologie, UMR 7206 –  USM 104 du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) en association avec l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)

15 mars 2014, de 10 h à 18 h
Amphithéâtre Rouelle
Muséum national d’histoire naturelle, Bâtiment de la Baleine, Jardin des plantes, 47 rue Cuvier, 75005 Paris (métro Jussieu ou Gare d’Austerlitz)
*

vendredi 7 février 2014

Prochain séminaire

Brain mapping Laura DeVito
Brain mapping, Laura DeVito
(source)
Prochain séminaire, vendredi 14 février, 18-20h, Grand Amphithéâtre, EHESS

Handicap neurologique : une mésologie clinique ? 

D. Ejnes (médecin de réadaptation), E. Ladet (architecte)

Les intervenants proposent de questionner la nature des rapports entre une personne présentant un handicap neurologique et son milieu de vie. Il s'agira d’illustrer l’apport de la mésologie dans leurs disciplines respectives, d’ouvrir de nouvelles perspectives dans les champ de la recherche clinique et architecturale. Dans un premier temps, Daniel Ejnes présentera les principaux aspects du handicap neurologique et ses conséquences, à partir du concept de la Classification Internationale du Handicap mettant en évidence l’importance de relier et non d’opposer le modèle biomédical et le modèle environnemental autour du terme de « situation de handicap ». A partir de ces fondamentaux, Emmanuelle Ladet exposera comment ils peuvent être intégrés dans un projet architectural d’habitat de vie et de soins adapté, individuel ou collectif. 

mercredi 4 septembre 2013

La puissance des formes / A. Berque

Chair, Carlo Bugatti
Chair, Carlo Bugatti (1902)
Musée d’Orsay, Paris
(source)
Colloque Les sciences des formes. Villa Arson, Nice, 8-10 avril 2013

La puissance des formes

par Augustin BERQUE


Résumé – Dans un milieu vivant, et a fortiori dans un milieu humain, la forme d'une chose n'est jamais réductible au contour d'un objet, contrairement au dogme géométrique abstrait que nous devons à la révolution scientifique du XVIIe siècle et à la topo-logique aristotélicienne, qui préfigure l'objet moderne avec l'idée que la chose est exactement délimitée par son topos, tout en étant séparable de celui-ci. La réalité d'une chose, et donc sa forme, se définit dans un tissu relationnel mouvant, qui engage concrètement le sujet comme l'objet, et où cette chose ek-siste nécessairement au delà de son contour matériel. Son être ne s'arrête pas à cette limite, il est toujours en devenir (genesis) dans un certain milieu, comme Platon l'avait pressenti avec la notion de chôra, et comme Heidegger le souligna en posant qu'au contraire, sein Wesen beginnt (son être commence) à partir de cette limite, au lieu de s'y borner. On rapproche ces façons de voir de certaines notions propres à l'Asie orientale, telles que "le grand symbole n'a pas de forme" (da xiang wu xing大象無形) en Chine, ou que les "biens culturels sans forme matérielle" (mukei bunkazai 無形文化財) au Japon.

jeudi 5 janvier 2012

La chôra chez Platon / Augustin Berque

Platon par Raphaël
Platon, détail de L'École d'Athènes, par Raphaël
Paru dans Thierry PAQUOT et Chris YOUNÈS (dir.) Espace et lieu dans la pensée occidentale, Paris, La Découverte, 2012, 316 p., p. 13-27. 

La chôra chez Platon

par Augustin BERQUE

Résumé : Le thème de la chôra dans le Timée de Platon aboutit à une aporie : ce troisième genre d’être, à la fois empreinte et matrice du devenir, et qui n’est ni l’être absolu ni l’être relatif, reste finalement impensable. Il est ici interprété comme le milieu concret où existe l’être relatif. Ce milieu est inintelligible parce qu’il ne relève pas de la raison dont l’idéalisme platonicien est en train d’instaurer le règne, évinçant celui du mythe, autrement dit celui de la symbolicité, comme l’illustrera le bannissement des poètes hors de la République. Dans le symbole en effet, A est toujours aussi non-A, ce que n’admet pas le principe du tiers exclu, qui va gouverner la raison occidentale jusqu’à la découverte de l’intrication quantique. Du même coup, la pensée de la chôra s’est trouvée forclose, au bénéfice du topos aristotélicien. Or les tétralemmes que les logiciens indiens vont mettre au point aux alentours du IIIe siècle permettent justement d’inclure le tiers. Le quatrième lemme en particulier (à la fois A et non-A) correspond justement au symbole. On conclut en postulant que le tétralemme fournit l’armature logique permettant à la raison de reconnaître la concrétude des milieux humains, si longtemps forclose par le principe du tiers exclu.