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| The Essence is Invisible, Son, Bong Chae (huile sur toile, 2009) (source) |
Initialement soumis à Ebisu, puis publié sur "catastrophes"
Le “spectraculaire”
Fukushima est-elle une catastrophe ?
par Yoann Moreau
Ce
qui s'est produit dans le complexe nucléaire de Fukushima Daiichi
(福島第一原子力発電所) le 14 mars 2011 est un événement rare, le deuxième de ce
genre après Tchernobyl. Son impact principal ne consiste pas dans sa
dimension spectaculaire – l'explosion des réacteurs – mais dans sa part
radioactive, invisible et difficilement quantifiable.
Cette dimension « spectrale » doit être étudiée avec la plus grande
attention car elle relève d'un champ d'expérience situé en deçà de la
réalité sensible. L'émission de radioactivité est en effet une donnée
environnementale (kankyô 環境) avant que d'être une réalité du milieu humain (fûdo 風
土). Cela signifie qu'elle affecte le vivant de manière organique, en
deçà de tout registre de prédication. Autrement dit, quoi que l'on en
dise, quoi que l'on en pense et quoi que l'on fasse, l'accroissement de
la présence d'isotopes radioactifs dans la biosphère est une donnée avec
laquelle il s'agit désormais de composer. Cela hante le monde depuis sa
base, le modifiant de manière objective pour plusieurs centaines de
milliers d'années (Galle, Paulin, & Coursaget, 2003).
Dans
l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons pas les moyens d'y
remédier.





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