mardi 27 septembre 2016

Anthropocene and transhumanism / Augustin Berque

'The Great Marvello' (Éamonn Andrews, 1960's)
(source : The Little Museum of Dublin)
Proposed to FIVE : Designing Media Ecology, special issue Anthropocene.

Anthropocene and transhumanism

Augustin Berque

Abstract. Watsuji’s concept of fûdosei 風土性 may be rendered in two ways. As it is generally understood in Japan, it could be translated with countryness : the fact of being proper to a given region or country. In that sense, it seems to concern essentially premodern societies; but as Watsuji himself defined it (“the structural moment of human existence”, ningen sonzai no kôzô keiki 人間存在の構造契機), and as, accordingly, I translated it with mediance, in other words the dynamic coupling of Being and its milieu (fûdo 風土 or kansekai 間世界, not to be confused with the environment, kankyô 環境), this concept is not only homologous to the pairing (Gegengefüge) revealed by Uexküll between the animal and its milieu (Umwelt), but its validity appears to be universal and transhistorical.

mardi 20 septembre 2016

L’intervention éphémère in situ / Xiaoling Fang

Sans titre (Jacques Simon, 1988)
(source)
Séminaire Mésologiques du 29 février 2016

L’intervention éphémère in situ 

comme générateur de l’imagination - selon les expériences avec Jacques Simon

Xiaoling Fang

Résumé : A travers la description d'interventions éphémères in situ avec Jacques Simon, en cherchant à rester au plus près de l'authenticité de l'expérience, notre étude vise à dévoiler le rôle du corps dans la constitution du passage spontané entre la phusis et le logos, passage générateur de la créativité. Durant l’action, la faculté imaginaire est constamment sollicitée et renforcée à travers l’intervention in situ qui cherche à entrer en résonance avec le rythme de la nature. On peut ainsi considérer l’intervention éphémère in situ comme une étape préparatoire en amont du projet de paysage, un processus de maturation, et une phase de latence et de consolidation pendant laquelle le processus n’est pas conscient.

mercredi 14 septembre 2016

Mésologie du Nouveau Monde : Chateaubriand face à la Nature américaine / Sébastien Baudoin

Chateaubriand / Anne-Louis Girodet
Portrait de Chateaubriand par Anne-Louis Girodet
(source)
Séminaire Mésologiques du 8 janvier 2016

Mésologie du Nouveau Monde : 

Chateaubriand face à la Nature américaine

Sébastien Baudoin

Alors qu’il perçoit au loin la terre américaine depuis le navire dans lequel il s’est embarqué pour une longue traversée, Chateaubriand rappelle, dans les Mémoires d’outre-tombe (première partie, Livre sixième, chapitre 6) le bouillonnement de son esprit à l’approche de ce Nouveau Monde, qui suscite en lui une foule de projets, de souvenirs, bref, autant de ferments d’une exaltation frénétique, celle qui nourrit les grands rêves d’exploration. Parmi eux, l’idée que sa « Muse vierge » vient là « se livrer à la passion d’une nouvelle nature » . Depuis la « révélation de la Muse » par sa sœur Lucile (« tu devrais peindre tout cela »), l’écrivain en devenir est taraudé par les Muses et ne cesse de vouloir nourrir ces monstres insatiables qui enfantent le génie.

lundi 5 septembre 2016

Appel à communications / Cerisy

Appel à communications

La mésologie

Un autre paradigme pour l’anthropocène ?

Colloque international, Cerisy-la-Salle, 30 août - 6 septembre 2017


Les auteurs souhaitant participer au colloque devront soumettre avant le 10 septembre 2016 un résumé en français de 800 signes de leur proposition de communication (espaces compris) s’inscrivant dans l’une des trois thématiques susdites. La sélection finale, effectuée parmi les propositions déposées, sera décidée par les membres du comité scientifique et du comité d’organisation pour le 30 septembre 2016.

Les auteurs dont les propositions seront retenues de­vront envoyer un article de 15 000 signes (soit 2500 mots, ou 6 pages) en français avant le 30 avril 2017 (un cadre type sera transmis). Il constituera une trame pour la présentation des intervenants qui durera 40 minutes et sera suivie de 20 minutes de discussion.

mercredi 6 juillet 2016

Pique-nique mésologique


Krishna and the Cowherds on a Picnic, Unknown (1760-1765)
Folio from a Bhagavata Purana
source
Compte rendu

Pique-nique mésologique 2016

(au parc de Sceaux)


Comme chaque année, une cérémonie de clôture commensale a rappelé, s'il en était besoin, la dimension éminemment organique et conviviale de l'existence humaine.

Son supplément poétique (ci-après intitulé "Ils ont bâfré le clafoutis ! "), rédigé par Augustin Berque, augure la période de vacance académique et numérique.

mercredi 29 juin 2016

L’horizon en tant que métaphore philosophique / Yusuke Ikeda

Horizon (Fouad Agbaria, 2011)
Barjeel Art Foundation
Séminaire « Mésologiques » du 25 mars 2016, amphithéâtre du 105 bd Raspail, 75006, Paris

L’horizon en tant que métaphore philosophique

Réflexions phénoménologiques autour des concepts d’horizon et de monde chez Husserl


Yusuke IKEDA (Kyoto/Japon)[1]


Je voudrais d’abord très brièvement me présenter. Ma formation est philosophique et mes travaux portent principalement sur le mouvement phénoménologique du XXe siècle. Par cela, je voudrais juste souligner que mon intervention sera orientée en fonction de mon intérêt philosophique, bien que, comme je l’espère fortement, elle puisse offrir quelques aspects ou même quelques thèses potentiellement riches pour une mésologie. Une mésologie qui, selon moi, gagnerait à s’affermir aussi du point de vue philosophique. La contribution phénoménologique au problème du « monde », qui a d’ailleurs une complexe histoire, et même une préhistoire, consiste dans le fait que ce mouvement philosophique le thématise en opérant avec la notion – ou la métaphore ? – de l’« horizon » ; l’horizon en tant que « concept opératoire » de la phénoménologie husserlienne de monde[2]. 

mercredi 22 juin 2016

Le transhumanisme à travers les mangas / Patrice Ballester

Astro le petit robot, 鉄腕アトム (Osamu Tezuka, 1952)
Vendredi 27 mai 2016, séminaire Mésologiques

Le transhumanisme et la perception d'un monde pluriel

 à travers les mangas et les animés

Patrice Ballester

Introduction
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon est perçu et vécu pour certains comme une techno-utopie, néanmoins, il n’en est pas de même de la part des artistes et des dessinateurs de mangas et d’anime à travers leurs nombreuses réalisations portant sur le transhumanisme, la perception d’un paysage urbain en transition et la capacité des Hommes à allier modernité et tradition.
    Pourtant, l’attirance et la progressive acceptation d’un monde pluriel d’humain et de robot se fait de plus en plus grande sur l’archipel nippon avec même des déclarations au niveau du chef de gouvernement japonais proclamant des principes d’acceptation d’un nouveau stade de l’évolution de l’homme et de sa relation, médiance à un techno milieu.
    Si ces déclarations optimistes proviennent de discours reposant sur la propagande et la recherche d’un électorat passionné, d’autres prises de position et de réflexions se proposent sur un monde interconnecté où l’Homme devient support et élément à la fois de l’évolution des espèces organiques et robotiques. Des perceptions d’un milieu et de mondes nouveaux s’offrent et peuvent se comprendre - ou du moins - s’interroger à travers les mangas et animes.

mercredi 15 juin 2016

Perception, milieu, monde / Quentin Bazin

Hrad Panny Marie – obří hrozen vážící 100 tun unitifů (Adolf Wölfli, 1915)
(source)
Séminaire "Mésologiques" du vendredi 13 mai

Perception, milieu, monde

Quentin Bazin

J’arrive ici pour présenter –et revoir, suite aux échanges- une écologie esthétique, qui est le cadre conceptuel dans lequel je travaille. L’écologie esthétique n’est pas une création personnelle, mais une composition de pensées braconnées ici et là. Par ailleurs, je ne suis spécialiste ni de la perception, ni de la mésologie, ni d’aucune des pensées que je vais évoquer.
Je voudrais commencer avec l’importance, à mon sens, de recadrer la perception dans un champ limité, un champ dans lequel elle se tient et produit des effets eux aussi limités. Ce champ, pour le dire vite, c’est le champ des objets déjà déterminés par une certaine subjectivité intentionnelle et discursive.

mercredi 8 juin 2016

Cosmiser à nouveau les formes / Augustin Berque

Circular forms. Sun and Moon (Robert Delaunay1912 - 1931)Kunsthaus Zürich
No transition. Design en situation de crise
École supérieure d’art et de design de Valenciennes, 19 mai 2016

Cosmiser à nouveau les formes ?

– plastie, architecture, mésologie –

par Augustin BERQUE

Résumé - Il fut un temps où un certain ordre régnait sur les formes, quelles qu’elles fussent, matérielles ou immatérielles, morales ou techniques. Cet ordre, kosmos, donnait un sens unitaire à un certain monde, kosmos, sens qui gouvernait les collectivités, mais que tout un chacun pouvait ressentir, et que toute forme exprimait à sa manière. Cette unité de sens a éclaté avec la modernité : aux mondes clos a succédé un univers infini, et les libertés individuelles se sont affranchies des contraintes communautaires. Progressivement, certes ; car entre l’instauration du paradigme occidental moderne classique (celui de l’ontologie cartésienne et de la physique galiléo-newtonienne) et le présent constat d’une « désorientation générale, qui est avant tout une absence de sens », il s’est écoulé près de quatre siècles. L’objet de cette communication est double : d’une part, montrer le lien qui existe entre le paradigme occidental moderne classique et la décosmisation qui justifie ledit constat ; d’autre part, tenter de définir, à partir de la notion de milieu, les principes d’une possible recosmisation des formes.

mercredi 1 juin 2016

La relation perceptive / Augustin Berque

Seibutsu kara mita sekai
(trad. japonaise d'Uexküll & Kriszat, 1934)
Paru dans la Revue du MAUSS, n° 47, 1er semestre  2016, numéro spécial Au commencement était la relation… mais après ?, p. 79-96. 
La relation perceptive en mésologie
– du cercle fonctionnel d’Uexküll à la trajection paysagère –
par Augustin Berque

Résumé – Dans le fil de l’Umweltlehre d’Uexküll et du fûdoron de Watsuji, la mésologie distingue le donné environnemental brut (Umgebung, shizen kankyô) du milieu (Umwelt, fûdo). La perception relève d’une opération générale, la trajection, selon laquelle le donné environnemental est saisi (par les sens, l’action, la pensée et le langage) en tant que quelque chose ; opération analogue à la relation S/P (le sujet S en tant que prédicat P) en logique.

Abstract – In the wake of Uexküll’s Umweltlehre and of Watsuji’s fûdoron, mesology distinguishes environment (Umgebung, shizen kankyô) as a raw material and milieu (Umwelt, fûdo) as an elaboration of this material by a certain being. Perception is a matter of trajection, the operation through which the data of the environment are interpreted as something by that being’s senses, action, mind and language. This operation is analogous to the predication of S as P in logic.   

mercredi 25 mai 2016

Subjecthood and Nature / Augustin BERQUE

Tournesols (Erich Heckel, 1913)
Mannheim. Kunsthalle.
(source)
CEEJA, Colmar, 21-23 November 2015. International symposium Japanese ecology and its conflicting edges

Subjecthood and Nature

by Augustin BERQUE

Abstract 

Starting from Descola’s question “To whom does nature belong?”, the present article shows that a same “Mount Horeb principle”, i.e. the absolutization of subjecthood as a subject-predicate of itself, is embodied in the Bible’s sum qui sum as well as in Descartes’ cogito ergo sum.
    This principle has entailed the modern objectification-mechanization of nature by a transcending human subject. Though, concerning matter, Heisenberg’s physics as well as, concerning life, Imanishi’s “natural science” (without an s) have stressed its inadequacy to the reality of nature, the same Mount Horeb principle still rules our natural sciences (with an s), and correlatively our whole civilization, with its side effects: Anthropocene, and the setting off of the Sixth Extinction of life on this planet; instead of which, a mesological conception of subjecthood is argued.

mercredi 18 mai 2016

Lee Ufan, art du milieu / Isabelle Charrier

Lee Ufan Museum — contemporary art museum (Kagawa)
Collaborative work of Tadao Ando and Lee U-Fan.
(source)
Communication pour le séminaire d’Augustin Berque, EHESS, 26/2/2016

Lee Ufan ou l’art du "mi-lieu"

Isabelle Charrier

Suite à la parution de la traduction en français des écrits sur l’art de Lee Ufan (L’Art de la résonance, Beaux-Arts de Paris éditions, 2013) et à l’exposition de l’artiste au château de Versailles de juin à novembre 2014, les œuvres de Lee Ufan sont plus largement connues par le public français et international et mieux comprises sous leur aspect philosophique et existentiel.
Lee Ufan né en 1936 en Corée du Sud à Kyangnam s’est installé au Japon en 1956. Depuis il vit en permanence à Kamakura. Dans un premier temps, il a étudié la philosophie, puis est devenu un des artistes majeurs du groupe Mono-ha très actif au Japon à la fin des années 60 jusqu’au milieu des années 70. Un de ses premiers écrits publiés à ce moment-là, Deai o motomete 出会いをもとめて(A la recherche de la rencontre) avait été très remarqué : la relation par l’œuvre d’art entre le milieu « naturel » et « humain ».
Ses sculptures se déclinent sur le thème de l’emprunt de la matière naturelle par excellence, la pierre, qu’il met en relation avec une autre matière, celle-là, façonnée par l’homme, la plaque de fer et qu’il met en scène dans divers lieux pour les donner à voir au regardeur . D’ailleurs elles portent souvent le titre de « Relatum ». Ses peintures, elles, se construisent à la manière d’un jeu de go dans lequel tous les traits du pinceau se posent en « résonance » (yohaku 余白)les uns par rapport aux autres sur l’espace vide , la toile blanche.