mercredi 28 décembre 2016

La mésologie et la pensée des relations / Bernard Guy

Onde (Maurice Denis, 1916)
(source)
École des hautes études en sciences sociales
La mésologie et les sciences : interactions critiques
– Journée d’étude, jeudi 24 novembre 2016 –

La mésologie et la pensée des relations

Entre espace, temps et mouvement: des convergences 

Bernard Guy

Résumé 

Nous tentons ici d’articuler notre intelligence de la trilogie temps / espace / mouvement avec la discussion d’un certain nombre de concepts clés de la mésologie (milieu, mouvement, médiance, trajectivité, échelle, écoumène, milieu-temps, milieu-espace...). Dans notre compréhension, le temps n’existe pas. Le temps n’existe pas tout seul : il est abstrait à partir du monde dont il ne peut, en dernière analyse, être séparé. Tenter de comprendre le temps, c’est tenter de comprendre l’abstraction du temps, indissociable de l’espace et du mouvement. 
Cette approche nécessite un accompagnement épistémologique et l’utilisation de deux modes de rationalité à faire intervenir en composition l’un avec l’autre. Au mode standard, disjonctif, substantiel, fait de mots, nous devons ajouter un mode compréhensif, relationnel, fait d’images : pour aller plus vite au cœur de notre approche, nous faisons fonctionner ce second mode à l’aide de représentations diverses fournies par des artistes. De son côté la mésologie propose une critique de l’espace abstrait. C’est une science des rapports de l’humanité à un espace concret, propre à chacun, qu’on appelle le milieu ; par opposition à une localisation simplement géométrique dans un espace identique pour tous, que serait l’environnement.

mercredi 14 décembre 2016

Mésologie et sciences / Augustin Berque

Courbes roulantes à cadre et roues quadrilobées (J. Schröder, 1867)
(source)
École des hautes études en sciences sociales
La mésologie et les sciences : interactions critiques
– Journée d’étude, jeudi 24 novembre 2016 –
Mésologie et sciences de la matière, de la vie, de l'esprit
par Augustin Berque
Résumé – Dans un premier temps, marqué par les physiologistes Robin et Bertillon, la mésologie fut conçue comme une science positive étudiant les milieux et couvrant ce qui est aujourd’hui d’une part le domaine de sciences humaines comme la sociologie, de l’autre celui de sciences de la nature comme l’écologie. En ce sens, elle a périclité. Dans un second temps, marqué en biologie par Uexküll et en philosophie par Watsuji, elle a établi, sous l’influence de la phénoménologie, une distinction capitale entre milieu (Umwelt, fûdo) et environnement (Umgebung, kankyô), ce qui, en tant que science des milieux, a fait d’elle une phénoménologie de la nature et une bioherméneutique, chevauchant comme telle la distinction traditionnelle entre sciences de la nature et sciences humaines. On sonde ici la validité de ses principaux concepts et de ses méthodes au regard des unes et des autres.
Abstract – In its first period,  initiated by physiologists Robin and Bertillon, mesology was conceived as a positive science, studying milieux (environments) and covering what today has become the respective domains of natural sciences like ecology and human sciences like sociology. In this sense, it has become obsolete. In a second phase, marked by Uexküll in biology and by Watsuji in philosophy, it has established, under the influence of phenomenology, a capital distinction between milieu (Umwelt, fûdo) and environment (Umgebung, kankyô), which, as a science of milieux, made it a phenomenology of nature and a biohermeneutics, as such encompassing the traditional distinction between the natural and the social sciences. One sounds out here the validity of its main concepts and its methods as regards both domains.     

Plan – § 1. L’ébauche de la mésologie ; § 2. L’établissement de la mésologie ; § 3. Médiance et trajection ; § 4. Mésologie et sciences humaines ; § 5. Mésologie et sciences de la nature ; § 6. Mésologie, logique et ontologie ; § 7. Mésologie et dépassement de la modernité.

mardi 6 décembre 2016

L’hypothèse de l’externalisation des fonctions du corps animal : analyse et perspectives / Jean-Pierre LLORED

L'Homme anatomique, ou Homme zodiacal, enluminure réalisée par les Frères de Limbourg
L'Homme anatomique, ou Homme zodiacal,
enluminure réalisée par les Frères de Limbourg
1411-1416 (source)
Séminaire Mésologiques, V. 
La genèse des milieux humains : anthropisation, humanisation, hominisation
EHESS, vendredi 25 novembre 2016


L’hypothèse de l’externalisation des fonctions du corps animal : analyse et perspectives

Jean-Pierre LLORED

PLAN DE LA PRESENTATION :

1. Retour à l’hypothèse d’externalisation des
fonctions du corps animal : Leroi-Gourhan, M.
Serres, B. Stiegler, A. Berque
2. Discussion et perspectives

mercredi 30 novembre 2016

Penser le milieu / Augustin Berque

Freak oak leaf
Botanical and Otherwise
(Herman Silas Pepoon, octobre 1917)
(source)
Séminaire du 20 février 2016, couvent Sainte Marie de la Tourette

Penser le milieu

– Renaturer la culture, reculturer la nature, avec Augustin Berque –

par L. Duhem, J.-M. Ghitti, B. Lanaspèze et Ch. Younès

            
Le couvent dominicain Sainte Marie de la Tourette, dans la commune d’Éveux (Rhône), est connu entre autres pour son architecture, l’une des œuvres les plus célèbres de Le Corbusier. Il accueille régulièrement des rencontres intellectuelles. Organisé sur la proposition du Père Christophe Boureux, « théologien jardinier » chargé de la gestion paysagère et forestière du parc de 70 ha qui s’étend autour du couvent de La Tourette, le séminaire du 20 février 2016 portait sur la mésologie professée par le géographe, orientaliste et philosophe Augustin Berque (1942-) dans le fil de l’Umweltlehre d’Uexküll et du fûdoron de Watsuji. Le naturaliste germano-balte Jakob von Uexküll (1864-1944) fut l’un des fondateurs de l’éthologie et le précurseur de la biosémiotique. Il a posé et prouvé expérimentalement que le milieu (Umwelt) n’est pas réductible à l’environnement (Umgebung), car ce n’est pas un donné brut mais un construit, élaboré par l’interprétation sémantique et active que le vivant, en tant que sujet, fait de cette matière première. Le philosophe japonais Watsuji Tetsurô (1889-1960) a fondé sur le même principe sa théorie des milieux humains : le milieu (fûdo) n’est pas l’environnement naturel (shizen kankyô), car il suppose l’interprétation qu’en fait historiquement le sujet humain. Ainsi la mésologie, science du milieu, n’est pas l’écologie, science de l’environnement. On peut la définir comme une phénoménologie de l’environnement et une bioherméneutique.

mardi 22 novembre 2016

Anthropocène et transhumanisme (ou l’écoumène comme anthroposcène) / Augustin Berque

Dawn in the Anthropocene
(source)
Université de Lausanne, Institut de géographie et durabilité
Conférence, jeudi 22 septembre 2016


Anthropocène et transhumanisme

(ou l’écoumène comme anthroposcène)

Augustin Berque

1. De coïncidence en « moment structurel »
Tant l’anthropocène que le transhumanisme – avec leur cortège de cyborgs, de posthumains etc. – sont aujourd’hui deux notions devenues courantes, liées l’une et l’autre à la condition présente de notre environnement et de nos techniques, mais habituellement non connectées en termes de structure ou de fonction réciproque, sinon dans la perspective utilitaire de nous rendre si nécessaire capables de survivre, comme cyborgs ou posthumains, dans un environnement qui serait devenu invivable. La plupart du temps, ces deux problématiques sont traitées séparément, et leur relation considérée comme une simple coïncidence, l’une et l’autre comme expressions de la civilisation moderne, de ses effets et de son possible destin.

mercredi 16 novembre 2016

Qu'est-ce qu'une logique du milieu / Augustin Berque

Invitation to the Coup (Wolfgang Lettl: 1981, Lettl Collection)
source
École des hautes études en sciences sociales / Université Pierre et Marie Curie
Colloque international Milieu / Mi-lieu

Qu'est-ce qu'une logique du milieu,

et pourquoi nous en faut-il une aujourd'hui?

par Augustin BERQUE

Résumé - Une logique du milieu n'est ni une logique de l'identité du sujet S (de type aristotélicien), ni une logique de l'identité du prédicat P (de type nishidien); c'est une logique trajective, où S est saisi en tant que P. En principe, la science absolutise S (le sujet du logicien = l'objet du physicien), tandis que la religion absolutise P (la Parole qui, étant auprès/au sujet de Dieu, est Dieu); en pratique, on est toujours au milieu des deux, dans la trajection de S en tant que P. Cette trajection, sous le nom de "tonation" (Tönung), a été montrée par Uexküll dans les milieux animaux (Umwelten). De là, on la retrouve chez Heidegger, pour qui l'étant est "quelque chose en tant que quelque chose" (etwas als etwas), soit S en tant que P. C'est la logique du als, l'en-tant-que. Heidegger en a tiré le concept de "dispositif" (Gestell). Tant cet als que ce Gestell étaient - mutatis mutandis - présents dans le bouddhisme dès le Ve siècle, et s'y retrouvent aujourd'hui en japonais sous le nom, respectivement, de soku et de sesetsu 施設. Pourquoi nous faut-il aujourd'hui une logique du milieu? Parce que l'absolutisation de S mène à un réductionnisme qui annihile virtuellement l'interprète I de S en tant que P (i.e. l'humain en particulier, et le vivant en général), tandis que l'absolutisation de P aboutit virtuellement au dogmatisme et au fanatisme. Il nous faut penser la ternarité S-I-P, car la binarité S-P est mortifère.

mercredi 9 novembre 2016

Le Japon, champion de destruction de la nature ? / A. Berque


Centre européen d’études japonaises d’Alsace, Colmar, 3-4 novembre 2016
Colloque international La nature au Japon à l’épreuve de l’homme

Comment le Japon, dans les années soixante,
a-t-il pu devenir champion de destruction de la nature ?

par Augustin BERQUE

Gymnasts outside the new Olympic building in Japan (Larry Burrows, 1964)
(source)
Résumé – On rappelle d'abord la tradition d'amour de la nature qui caractérise le Japon, en soulignant ce qu'elle doit doublement au shintoïsme autochtone et à la veine poétique de l'érémitisme venue de Chine. On souligne également le rôle du haïku et de ses saisonniers (saijiki), qui sont de véritables grammaires de l'accord entre la société japonaise et la nature de l'archipel. Puis on rappelle les grandes lignes de la crise de l'environnement survenue pendant la Haute Croissance. Comment ce ravage systématique de la nature a-t-il été possible dans un pays riche d'une telle tradition ? On en cherche d'abord les raisons d'ordre socio-économique et politique (le système du seizaikan), pour ensuite en envisager les raisons d'ordre mésologique : la discordance ontologique et logique entre la nature trajective héritée de l'histoire et la nature objectifiée et instrumentalisée par le capitalisme moderne.

mercredi 26 octobre 2016

Milieu, art et génie du lieu / A. Berque

Astro & Kanos (14 août 2009, Paris)
(source)
La Paperie / AURA Agence d’urbanisme de la région angevine
FUTUR, conférence-action sur les nouvelles dynamiques de la fabrique urbaine :
ce que l’art peut faire à la ville ?
Conférence-action II, 13 octobre 2016

Milieu, art et génie du lieu

- une interprétation mésologique -

par Augustin BERQUE

Sommaire : § 1. Le sens d’une relation aussi vieille que le monde ; § 2. Assomption de monde et Ursprung de l’œuvre d’art ; § 3. La décosmisation des villes ; § 4. Ressusciter le génie des lieux ?

§ 1. Le sens d’une relation aussi vieille que le monde

Comme l’écrivait récemment Luc Gwiazdzinski,

« Il existe aujourd’hui de nouvelles formes d’intervention, de nouvelles collaborations, de nouveaux espaces, de nouveaux moments et situations, où l’artiste et le géographe, la création et la géographie se croisent, se mélangent et s’hybrident pour inventer autre chose in vivo : les géo-artistes ».

Voilà qui est manifeste ; mais il n’est pas moins sûr que ces nouvelles formes de la relation entre les sociétés humaines et leurs territoires s’enracinent dans cette relation même, qui en tant que telle est aussi ancienne que l’humanité, voire que la vie sur Terre. 

lundi 17 octobre 2016

De traduction en trajection / A. Berque

Domenico Ghirlandaio - Saint Jérôme dans son étude
Domenico Ghirlandaio, Saint Jérôme dans son étude
le Saint patron des traducteurs, 1480
(source)
Société française de traductologie
Université d’été franco-japonaise en traductologie
École des hautes études en sciences sociales, 

29 août-2 septembre 2016

De traduction en trajection

aux trois jardins du Tôkaian

Augustin Berque

Résumé : La communication part de mes traductions de Watsuji (Fûdo, le milieu humain, CNRS, 2011 [Fûdo, ningengakuteki kôsatsu, 1935]), d'Imanishi (La liberté dans l’évolution, Wildproject, 2015 [Shutaisei no shinkaron, 1981]) et de Yamauchi (Logos et lemme [Rogosu to renma, 1974], en cours), dans leur rapport avec ma propre élaboration de la mésologie, c’est-à-dire l’étude des milieux dans l’optique inaugurée par l’Umweltlehre d’Uexküll (1864-1944) et le fûdoron de Watsuji (1889-1960) ; optique que l’on peut définir comme une éco-phénoménologie, doublée d’une onto-géographie. L’enjeu n’est autre que de dépasser rationnellement le dualisme moderne, ainsi que le mécanicisme qui en a découlé dans les sciences de la nature, discriminant indéfiniment subjectivité d’une part, mécanicité de l’autre, donc « sciences molles » de l’une, et « sciences dures » de l’autre. Cette entreprise reviendrait à dépasser rationnellement aussi l’incompatibilité historique entre « l’Occident » et « l’Orient ». Traduire les concepts centraux utilisés par Watsuji, Imanishi et Yamauchi posait directement ces problèmes, et a conduit à élaborer en retour ceux de trajection et de chaîne trajective, qui font le lien entre questions de sens et questions de fait, sémiose, histoire, évolution et fondement de la réalité. 
L’objectif à atteindre est quadruple :
 Idéalement, il s’agit de réhumaniser la nature, renaturer l’humain ; à savoir :
 - réancrer la subjectité (l’être-sujet) dans la nature, mais sans réductionnisme ;
 - refonder l’éthique et l’esthétique dans la nature, mais sans déterminisme ;
 - retrouver la Terre, mais sans s’y enterrer.

mardi 27 septembre 2016

Anthropocene and transhumanism / Augustin Berque

Proposed to FIVE : Designing Media Ecology, special issue Anthropocene.

Anthropocene and transhumanism

Augustin Berque

Abstract. Watsuji’s concept of fûdosei 風土性 may be rendered in two ways. As it is generally understood in Japan, it could be translated with countryness : the fact of being proper to a given region or country. In that sense, it seems to concern essentially premodern societies; but as Watsuji himself defined it (“the structural moment of human existence”, ningen sonzai no kôzô keiki 人間存在の構造契機), and as, accordingly, I translated it with mediance, in other words the dynamic coupling of Being and its milieu (fûdo 風土 or kansekai 間世界, not to be confused with the environment, kankyô 環境), this concept is not only homologous to the pairing (Gegengefüge) revealed by Uexküll between the animal and its milieu (Umwelt), but its validity appears to be universal and transhistorical.

mardi 20 septembre 2016

L’intervention éphémère in situ / Xiaoling Fang

Sans titre (Jacques Simon, 1988)
(source)
Séminaire Mésologiques du 29 février 2016

L’intervention éphémère in situ 

comme générateur de l’imagination - selon les expériences avec Jacques Simon

Xiaoling Fang

Résumé : A travers la description d'interventions éphémères in situ avec Jacques Simon, en cherchant à rester au plus près de l'authenticité de l'expérience, notre étude vise à dévoiler le rôle du corps dans la constitution du passage spontané entre la phusis et le logos, passage générateur de la créativité. Durant l’action, la faculté imaginaire est constamment sollicitée et renforcée à travers l’intervention in situ qui cherche à entrer en résonance avec le rythme de la nature. On peut ainsi considérer l’intervention éphémère in situ comme une étape préparatoire en amont du projet de paysage, un processus de maturation, et une phase de latence et de consolidation pendant laquelle le processus n’est pas conscient.

mercredi 14 septembre 2016

Mésologie du Nouveau Monde / Sébastien Baudoin

Chateaubriand / Anne-Louis Girodet
Portrait de Chateaubriand par Anne-Louis Girodet
(source)
Séminaire Mésologiques du 8 janvier 2016

Mésologie du Nouveau Monde : 

Chateaubriand face à la Nature américaine

Sébastien Baudoin

Alors qu’il perçoit au loin la terre américaine depuis le navire dans lequel il s’est embarqué pour une longue traversée, Chateaubriand rappelle, dans les Mémoires d’outre-tombe (première partie, Livre sixième, chapitre 6) le bouillonnement de son esprit à l’approche de ce Nouveau Monde, qui suscite en lui une foule de projets, de souvenirs, bref, autant de ferments d’une exaltation frénétique, celle qui nourrit les grands rêves d’exploration. Parmi eux, l’idée que sa « Muse vierge » vient là « se livrer à la passion d’une nouvelle nature » . Depuis la « révélation de la Muse » par sa sœur Lucile (« tu devrais peindre tout cela »), l’écrivain en devenir est taraudé par les Muses et ne cesse de vouloir nourrir ces monstres insatiables qui enfantent le génie.

lundi 5 septembre 2016

Appel à communications / Cerisy

Appel à communications

La mésologie

Un autre paradigme pour l’anthropocène ?

Colloque international, Cerisy-la-Salle, 30 août - 6 septembre 2017


Les auteurs souhaitant participer au colloque devront soumettre avant le 10 septembre 2016 un résumé en français de 800 signes de leur proposition de communication (espaces compris) s’inscrivant dans l’une des trois thématiques susdites. La sélection finale, effectuée parmi les propositions déposées, sera décidée par les membres du comité scientifique et du comité d’organisation pour le 30 septembre 2016.

Les auteurs dont les propositions seront retenues de­vront envoyer un article de 15 000 signes (soit 2500 mots, ou 6 pages) en français avant le 30 avril 2017 (un cadre type sera transmis). Il constituera une trame pour la présentation des intervenants qui durera 40 minutes et sera suivie de 20 minutes de discussion.

mercredi 6 juillet 2016

Pique-nique mésologique


Krishna and the Cowherds on a Picnic, Unknown (1760-1765)
Folio from a Bhagavata Purana
source
Compte rendu

Pique-nique mésologique 2016

(au parc de Sceaux)


Comme chaque année, une cérémonie de clôture commensale a rappelé, s'il en était besoin, la dimension éminemment organique et conviviale de l'existence humaine.

Son supplément poétique (ci-après intitulé "Ils ont bâfré le clafoutis ! "), rédigé par Augustin Berque, augure la période de vacance académique et numérique.

mercredi 29 juin 2016

L’horizon en tant que métaphore philosophique / Yusuke Ikeda

Horizon (Fouad Agbaria, 2011)
Barjeel Art Foundation
Séminaire « Mésologiques » du 25 mars 2016, amphithéâtre du 105 bd Raspail, 75006, Paris

L’horizon en tant que métaphore philosophique

Réflexions phénoménologiques autour des concepts d’horizon et de monde chez Husserl


Yusuke IKEDA (Kyoto/Japon)[1]


Je voudrais d’abord très brièvement me présenter. Ma formation est philosophique et mes travaux portent principalement sur le mouvement phénoménologique du XXe siècle. Par cela, je voudrais juste souligner que mon intervention sera orientée en fonction de mon intérêt philosophique, bien que, comme je l’espère fortement, elle puisse offrir quelques aspects ou même quelques thèses potentiellement riches pour une mésologie. Une mésologie qui, selon moi, gagnerait à s’affermir aussi du point de vue philosophique. La contribution phénoménologique au problème du « monde », qui a d’ailleurs une complexe histoire, et même une préhistoire, consiste dans le fait que ce mouvement philosophique le thématise en opérant avec la notion – ou la métaphore ? – de l’« horizon » ; l’horizon en tant que « concept opératoire » de la phénoménologie husserlienne de monde[2]. 

mercredi 22 juin 2016

Le transhumanisme à travers les mangas / Patrice Ballester

Astro le petit robot, 鉄腕アトム (Osamu Tezuka, 1952)
Vendredi 27 mai 2016, séminaire Mésologiques

Le transhumanisme et la perception d'un monde pluriel

 à travers les mangas et les animés

Patrice Ballester

Introduction
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon est perçu et vécu pour certains comme une techno-utopie, néanmoins, il n’en est pas de même de la part des artistes et des dessinateurs de mangas et d’anime à travers leurs nombreuses réalisations portant sur le transhumanisme, la perception d’un paysage urbain en transition et la capacité des Hommes à allier modernité et tradition.
    Pourtant, l’attirance et la progressive acceptation d’un monde pluriel d’humain et de robot se fait de plus en plus grande sur l’archipel nippon avec même des déclarations au niveau du chef de gouvernement japonais proclamant des principes d’acceptation d’un nouveau stade de l’évolution de l’homme et de sa relation, médiance à un techno milieu.
    Si ces déclarations optimistes proviennent de discours reposant sur la propagande et la recherche d’un électorat passionné, d’autres prises de position et de réflexions se proposent sur un monde interconnecté où l’Homme devient support et élément à la fois de l’évolution des espèces organiques et robotiques. Des perceptions d’un milieu et de mondes nouveaux s’offrent et peuvent se comprendre - ou du moins - s’interroger à travers les mangas et animes.

mercredi 15 juin 2016

Perception, milieu, monde / Quentin Bazin

Hrad Panny Marie – obří hrozen vážící 100 tun unitifů (Adolf Wölfli, 1915)
(source)
Séminaire "Mésologiques" du vendredi 13 mai

Perception, milieu, monde

Quentin Bazin

J’arrive ici pour présenter –et revoir, suite aux échanges- une écologie esthétique, qui est le cadre conceptuel dans lequel je travaille. L’écologie esthétique n’est pas une création personnelle, mais une composition de pensées braconnées ici et là. Par ailleurs, je ne suis spécialiste ni de la perception, ni de la mésologie, ni d’aucune des pensées que je vais évoquer.
Je voudrais commencer avec l’importance, à mon sens, de recadrer la perception dans un champ limité, un champ dans lequel elle se tient et produit des effets eux aussi limités. Ce champ, pour le dire vite, c’est le champ des objets déjà déterminés par une certaine subjectivité intentionnelle et discursive.

mercredi 8 juin 2016

Cosmiser à nouveau les formes / Augustin Berque

Circular forms. Sun and Moon (Robert Delaunay1912 - 1931)Kunsthaus Zürich
No transition. Design en situation de crise
École supérieure d’art et de design de Valenciennes, 19 mai 2016

Cosmiser à nouveau les formes ?

– plastie, architecture, mésologie –

par Augustin BERQUE

Résumé - Il fut un temps où un certain ordre régnait sur les formes, quelles qu’elles fussent, matérielles ou immatérielles, morales ou techniques. Cet ordre, kosmos, donnait un sens unitaire à un certain monde, kosmos, sens qui gouvernait les collectivités, mais que tout un chacun pouvait ressentir, et que toute forme exprimait à sa manière. Cette unité de sens a éclaté avec la modernité : aux mondes clos a succédé un univers infini, et les libertés individuelles se sont affranchies des contraintes communautaires. Progressivement, certes ; car entre l’instauration du paradigme occidental moderne classique (celui de l’ontologie cartésienne et de la physique galiléo-newtonienne) et le présent constat d’une « désorientation générale, qui est avant tout une absence de sens », il s’est écoulé près de quatre siècles. L’objet de cette communication est double : d’une part, montrer le lien qui existe entre le paradigme occidental moderne classique et la décosmisation qui justifie ledit constat ; d’autre part, tenter de définir, à partir de la notion de milieu, les principes d’une possible recosmisation des formes.

mercredi 1 juin 2016

La relation perceptive / Augustin Berque

Seibutsu kara mita sekai
(trad. japonaise d'Uexküll & Kriszat, 1934)
Paru dans la Revue du MAUSS, n° 47, 1er semestre  2016, numéro spécial Au commencement était la relation… mais après ?, p. 79-96. 
La relation perceptive en mésologie
– du cercle fonctionnel d’Uexküll à la trajection paysagère –
par Augustin Berque

Résumé – Dans le fil de l’Umweltlehre d’Uexküll et du fûdoron de Watsuji, la mésologie distingue le donné environnemental brut (Umgebung, shizen kankyô) du milieu (Umwelt, fûdo). La perception relève d’une opération générale, la trajection, selon laquelle le donné environnemental est saisi (par les sens, l’action, la pensée et le langage) en tant que quelque chose ; opération analogue à la relation S/P (le sujet S en tant que prédicat P) en logique.

Abstract – In the wake of Uexküll’s Umweltlehre and of Watsuji’s fûdoron, mesology distinguishes environment (Umgebung, shizen kankyô) as a raw material and milieu (Umwelt, fûdo) as an elaboration of this material by a certain being. Perception is a matter of trajection, the operation through which the data of the environment are interpreted as something by that being’s senses, action, mind and language. This operation is analogous to the predication of S as P in logic.   

mercredi 25 mai 2016

Subjecthood and Nature / Augustin BERQUE

Tournesols (Erich Heckel, 1913)
Mannheim. Kunsthalle.
(source)
CEEJA, Colmar, 21-23 November 2015. International symposium Japanese ecology and its conflicting edges

Subjecthood and Nature

by Augustin BERQUE

Abstract 

Starting from Descola’s question “To whom does nature belong?”, the present article shows that a same “Mount Horeb principle”, i.e. the absolutization of subjecthood as a subject-predicate of itself, is embodied in the Bible’s sum qui sum as well as in Descartes’ cogito ergo sum.
    This principle has entailed the modern objectification-mechanization of nature by a transcending human subject. Though, concerning matter, Heisenberg’s physics as well as, concerning life, Imanishi’s “natural science” (without an s) have stressed its inadequacy to the reality of nature, the same Mount Horeb principle still rules our natural sciences (with an s), and correlatively our whole civilization, with its side effects: Anthropocene, and the setting off of the Sixth Extinction of life on this planet; instead of which, a mesological conception of subjecthood is argued.

mercredi 18 mai 2016

Lee Ufan, art du milieu / Isabelle Charrier

Lee Ufan Museum — contemporary art museum (Kagawa)
Collaborative work of Tadao Ando and Lee U-Fan.
(source)
Communication pour le séminaire d’Augustin Berque, EHESS, 26/2/2016

Lee Ufan ou l’art du "mi-lieu"

Isabelle Charrier

Suite à la parution de la traduction en français des écrits sur l’art de Lee Ufan (L’Art de la résonance, Beaux-Arts de Paris éditions, 2013) et à l’exposition de l’artiste au château de Versailles de juin à novembre 2014, les œuvres de Lee Ufan sont plus largement connues par le public français et international et mieux comprises sous leur aspect philosophique et existentiel.
Lee Ufan né en 1936 en Corée du Sud à Kyangnam s’est installé au Japon en 1956. Depuis il vit en permanence à Kamakura. Dans un premier temps, il a étudié la philosophie, puis est devenu un des artistes majeurs du groupe Mono-ha très actif au Japon à la fin des années 60 jusqu’au milieu des années 70. Un de ses premiers écrits publiés à ce moment-là, Deai o motomete 出会いをもとめて(A la recherche de la rencontre) avait été très remarqué : la relation par l’œuvre d’art entre le milieu « naturel » et « humain ».
Ses sculptures se déclinent sur le thème de l’emprunt de la matière naturelle par excellence, la pierre, qu’il met en relation avec une autre matière, celle-là, façonnée par l’homme, la plaque de fer et qu’il met en scène dans divers lieux pour les donner à voir au regardeur . D’ailleurs elles portent souvent le titre de « Relatum ». Ses peintures, elles, se construisent à la manière d’un jeu de go dans lequel tous les traits du pinceau se posent en « résonance » (yohaku 余白)les uns par rapport aux autres sur l’espace vide , la toile blanche.

mercredi 4 mai 2016

De L'Origine de l'oeuvre d'art en mésologie / NHK et Augustin Berque

De L'Origine de l'oeuvre d'art en mésologie
『芸術作品の起源』への風土学的道のり

NHK et Augustin Berque

Ce film a été tourné par la NHK le 16 octobre 2015 lors d'une conférence d'Augustin Berque à l'Institut français du Kansai (à Kyôto), sur le thème "De L'Origine de l'oeuvre d'art* en mésologie". 

Le contenu de cette conférence est proche de celui du texte français "Quant aux montagnes et aux eaux, tout en ayant substance, elle tendent vers l'esprit".
Augustin Berque

mercredi 27 avril 2016

Vers une renaissance du pays natal / NHK

Twelve Views of the Japan Alps, "Mt. Hodaka" (YOSHIDA Hiroshi, 1926) 
Fukuoka Art Museum

Vers une renaissance du pays natal

Dialogues avec
la mésologie d'Augustin Berque

NHK制作「ふるさと創生のフロンティをめざして〜オギュスタン・ベルク「環世界学」との対話」

NHK et Augustin Berque

Ce documentaire  a été tourné au Japon en octobre dernier, d'abord au Chikyûken 地球研 (l'abréviation courante de 総合地球環境研究所, l'Institut de recherches sur l'environnement terrestre, à Kyôto ; en anglais le RIHN, Research Institute on Humanity and Nature) ; puis à Kesennuma et dans ses environs, sur la côte du Sanriku dévastée par le tsunami du 11 mars 2011 ; puis à Echigo Tsumari et dans les environs, dans une région du Japon de l'Envers (le versant ouest) affectée par le dépeuplement, mais où l'on a tenté une expérience de revitalisation par l'art (une triennale inaugurée en 2000, et dont la dernière a eu lieu en 2015, où des artistes du monde entier sont invités à créer une oeuvre sur un thème de leur choix, dans un lieu qu'ils choisissent eux-mêmes) ; puis à Tôkyô, dans un quartier qui s'est rebaptisé Yanesen, et où les habitants, emmenés par une écrivaine, MORI Mayumi (qui a créé le nouveau toponyme Yanesen, à partir des noms de quartier officiels Yanaka, Nezu, Sendagi), ont pris en main leur propre urbanisme. 
Augustin Berque

jeudi 7 avril 2016

Appel à communications

Hand of Stone, huile sur toile, 2016, 35 x 27 cm
Suzanne Jalenques (c) (courtesy pour Mésologiques)

Appel à communications 

Séminaire Mésologiques 2016-2017


            Pour l’année 2016-2017 (novembre-juin), le séminaire de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales, Paris) « Mésologiques » aura pour thème La genèse des milieux humains : anthropisation, humanisation, hominisation. Cet intitulé fait allusion à la thèse mise en avant par André Leroi-Gourhan, dans Le Geste et la parole (1964), au sujet de l’émergence de notre espèce, Homo sapiens. Par « anthropisation », entendons la transformation physique de l’environnement terrestre sous l’effet des systèmes techniques de l’humanité ; par « humanisation », sa transformation sémantique sous l’effet de nos systèmes symboliques ; et par « hominisation », l’effet en retour de ces transformations sur celle de l’animal en humain.
            Sans l’invoquer, cette thèse était l’illustration même du propos de la mésologie contemporaine, telle que l’ont fondée l’Umweltlehre d’Uexküll et le fûdoron 風土論 de Watsuji ; à savoir le couplage dynamique de tout être vivant (Uexküll), humain en particulier (Watsuji), avec le milieu singulier (Umwelt, fûdo 風土) qui lui est propre en tant que sujet, et qui ne doit donc pas être confondu avec l’environnement universel (Umgebung, kankyô 環境) que, de son point de vue transcendantal (le « regard de nulle part »), considère la science moderne – en l’occurrence l’écologie, qui est une science de l’environnement et non, comme la mésologie, une science des milieux, autrement dit une éco-phénoménologie et une bioherméneutique. L’objet central de la mésologie n’est pas l’environnement, c’est le couplage dynamique de l’être et de son milieu propre – cela qu’Uexküll a nommé le « contre-assemblage » (Gegengefüge) de l’animal et de son milieu, et Watsuji la « médiance » (fûdosei 風土性), qu’il a définie comme « le moment structurel de l’existence humaine » (ningen sonzai no kôzô keiki 人間存在の構造契機).

mercredi 23 mars 2016

Perception et plasticité / M-W. Debono

Mr. Magritte's Hat (1976)
(source)
Séminaire Mésologie, 12 février 2016

Perception et plasticité active du monde

Marc-Williams Debono

Une des hypothèses les plus unificatrices pour rendre compte des propriétés naturelles des systèmes vivants et des différents niveaux de perception et d’information qui leur sont associés est le concept épistémologique de plasticité. Entre matière et forme, entre expérience et conscience, il met à jour une propriété fondamentale de la matière, la plasticité, qui n’est ni émergente, ni purement systémique, mais qui inclut une zone inductrice et structurante à même de conférer la part informelle indispensable à toute évolution singulière d’un système donné (local vs global, génotypique vs phénotypique, matériel vs spirituel, complexe vs simplexe, etc..). Cette évolution, intrinsèquement mésologique, en cela qu’elle ancre l’interface ‘sujet-monde’ dans la plasticité spécifique d’un milieu, prend sa source dans le percept. Percept qui est présenté par l’auteur comme un liant actif, autrement dit le substrat sur lequel nous nous appuyons pour créer des liens étroits entre la cohérence des objets perçus ou émergés et leurs représentations à l’interface cerveau-conscience (lien percept-concept ou intuition-création). Tout l’enjeu est de savoir en quoi la plasticité active du monde, et la plasticité de l’esprit en particulier, sont incontournables dans toute approche écosystémique de la relation.

mercredi 16 mars 2016

Et le monde bascule / Pascal Monteil


L’EDEN: Anywhere out of the world, Pascal Monteil (courtesy)
Vendredi 11 mars 2011, séminaire mésologiques

La représentation en Orient et en Occident

et le monde bascule

Pascal Monteil
Dans le cadre de ce séminaire « Mésologiques » je voudrais vous apporter mon témoignage d’artiste. Je ne suis, je le précise d’entrée, ni historien, ni scientifique, donc ni rigoureux, ni méthodique ni exhaustif. Toute ma démarche est empirique.
Je voudrais commencer cette présentation en vous montrant trois images. Une image perse, une image japonaise, et une image européenne.
 (Nde : ces images sont placées à la suite du texte)

jeudi 10 mars 2016

De lieu en milieu / Augustin Berque

Macrocromía 2009, Lina Sinisterra
Museo de Arte Contemporáneo de Bogotá
Contribution au projet de design d’Isabelle Daëron, Topiques ou l’utopique désir d’habiter les flux. 

De lieu en milieu

– réhabiter la Terre à l’anthropocène –

par Augustin Berque


            Dans un article du numéro de septembre 1960 de la revue Astronautics, « Cyborgs and space », deux précurseurs des TSS (technoself studies) et du transhumain, Manfred Clynes (1925-, inventeur et musicien, l’un des pères du scanner) et Nathan Kline (1916-1983, pionnier de la psychopharmacologie), ont enfanté la notion de cyborg, laquelle, comme Amélie Poulain, allait connaître un fabuleux destin. Revenant sur ce souvenir une génération plus tard dans le Cyborg Handbook de Chris Hable Gray (Routledge, 1995, p. 47), Clynes confiait :

mardi 1 mars 2016

Subjecthood and Nature / Augustin Berque

Ellen Day Hale
Autoportrait d'Ellen Day Hale (1885)
International symposium Japanese ecology and its conflicting edges (Centre européen d’études japonaises d’Alsace, Colmar, 21-23/11/15)

Subjecthood and Nature

Augustin Berque

Abstract. Starting from Descola’s question “To whom does nature belong?”, the present article shows that a same “Mount Horeb principle”, i.e. the absolutization of subjecthood as a subject-predicate of itself, is embodied in the Bible’s sum qui sum as well as in Descartes’ cogito ergo sum. This principle has entailed the modern objectification-mechanization of nature by a transcending human subject. Though, concerning matter, Heisenberg’s physics as well as, concerning life, Imanishi’s “natural science” (without an s) have stressed its inadequacy to the reality of nature, the same Mount Horeb principle still rules our natural sciences (with an s), and correlatively our whole civilization, with its side effects: Anthropocene, and the setting off of the Sixth Extinction of life on this planet; instead of which, a mesological conception of subjecthood is argued.

mercredi 24 février 2016

Qu’est-ce qu’habiter la Terre à l’anthropocène ? / Augustin Berque

(source, Nini la caille)
Séminaire Habiter. L’encrage en littérature contemporaine (ENS, 45 rue d’Ulm, Paris, le 23 février 2016)
Qu’est-ce qu’habiter la Terre à l’anthropocène ?
par Augustin Berque

Sommaire – 1. Le lien écouménal ; 2. La demeure humaine ; 3. Habiter par le corps et par le bâtiment ; 4. Habiter en pureté ; 5. Le feu et le lieu ; 6. La contingence de l’habiter ; 7. Déploiement et inversion de l’habiter humain ; 8. Déshabiter la Terre : l’origine de l’anthropocène ; 9. Du mont Horeb à l’espace foutoir ; 10. Médiance et réhabitation de la Terre.