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| Beech Grove (Gustav Klimt, 1902) Gemaldegalerie Neue Meister, Dresden, German (source) |
Les arbres peuvent-ils mentir ?
par Augustin Berque
Les faux parquets, à l’origine, furent découpés sans doute par de faux parqueteurs dans de fausses planches, issues elles-mêmes de fausses billes tronçonnées dans de faux arbres. De fil en aiguille, on imagine des forêts de faux, comme il y en a effectivement aux environs de Reims, ville de Champagne voisine de Verzy. Ces faux-là, cependant, sont de vrais hêtres, et même de vrais êtres botaniques, ce qui leur vaut le nom de Fagus sylvatica var. tortuosa. Ils ne sont faux du reste que la moitié du temps, à savoir au pluriel, car au singulier on écrit « fau », ce que nul ne confondrait avec une faux, instrument aratoire, et encore moins avec l’adjectif faux, fausse, lequel, en revanche, peut s’appliquer de nos jours aux parquets. Or on ne peut pas faire de parquets avec un fau, c’est un arbre trop tortueux (c’est pourquoi on l’appelle aussi tortillard) : une fois il vous dit « OK ! », et la fois d’après « Basta ! ».

