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mercredi 10 février 2016

Landscape and the unsustainable urban realm / Augustin Berque

Photographie aérienne du Musée National de Tôkyô
Photographie aérienne du Musée National de Tôkyô
Adriana Veríssimo Serrão, ed.
Thinking and Walking in the Landscape to Build the City

Landscape and the unsustainable urban realm

Augustin Berque

Abstract.  This article establishes the genealogy of the myth which, in the West as well as in the East, has induced the idealization of the detached house close to “nature” in terms of landscape, and thus produced in the end a pervasive form of settlement – a rural-like form of urbanization covering the whole territory – which, being both ecologically unsustainable and morally unjustifiable, is called for this double reason “the unsustainable urban realm”.

mercredi 28 janvier 2015

mercredi 17 décembre 2014

Poétique de l’écoumène, pulsation des choses / I. Favre

Stéphanie Cailleau Pierres Bleues
Stéphanie Cailleau, Pierres Bleues
(source)
Séminaire Mésologiques, CR de la séance du 28 novembre 2014

Poétique de l’écoumène, pulsation des choses

Isabelle Favre

And beauty born of murmuring sound
Shall pass into her face [1]

« Pulsation des choses » : cette expression m’a été inspirée par la lecture de l’anthropologue britannique Tim Ingold, et de sa Brève Histoire des lignes, lorsqu’il tente de définir ce que peut être une ligne abstraite. « Dans son essai Du Spirituel dans l’Art, Kandinsky explique que l’abstraction ne consiste pas à vider une œuvre de son contenu pour n’y laisser qu’un contour vide ou une pure forme géométrique. Elle suppose au contraire l’élimination de tous les éléments figuratifs ne renvoyant qu’à l’extériorité des choses, à savoir leur aspect extérieur, afin de révéler ce qu’il appelle leur « nécessité intérieure » […]. [C’est] la force de vie qui les anime et qui, vu qu’elle nous anime aussi, nous permet d’entrer en contact avec elle et de ressentir leur affectivité et leur pulsation de l’intérieur » [2].

mercredi 5 novembre 2014

Point de parole et paysage / A. Berque

Mont Fuji Paru dans Revue des sciences humaines,
282 (2/2006), p. 29-40.

POINT DE PAROLE ET PAYSAGE
DANS LE HAÏKU
par Augustin BERQUE

École des hautes études en sciences sociales / CNRS

jeudi 24 avril 2014

Qu'est-ce qu'une poétique de la Terre ? / A. Berque sur Rfi

Poétique de la Terre Augustin Berque

Qu'est-ce qu'une poétique de la Terre ?

Rfi / Augustin Berque

A l'occasion de la parution de son dernier ouvrage, Rfi a invité le géographe et philosophe Augustin Berque autour de la question suivante : « Qu'est-ce qu'une poétique de la Terre ? »

Renaturer la culture, reculturer la nature, par l’histoire : tel est le propos du livre Poétique de la Terre. Il commence, en première partie, par la question du sujet, en montrant que l’exaltation du sujet individuel moderne a entraîné une décosmisation qui à terme est mortelle, car aucun être ne peut vivre sans un monde commun (kosmos). Nous devons donc recosmiser notre existence. La seconde partie montre que l’arrêt sur objet propre à la modernité aboutit à dépouiller les choses de leur sens, faisant notamment du langage une aporie. Nous avons à remettre les mots et les choses dans le fil de leur histoire commune (leur croître-ensemble : concrescence), c’est-à-dire à les reconcrétiser. La troisième partie montre enfin que réembrayer la nature et la culture passe nécessairement par la question du rapport entre histoire et subjectivité, ce à tous les degrés de l’être, allant, par l’évolution, de la vie la plus primitive jusqu’à la conscience la plus humaine... (4ème de couverture de l'ouvrage Poétique de la Terre d'Augustin Berque aux Editions Belin).


mercredi 13 novembre 2013

CR séminaire du 08 novembre 2013 / A. Berque, Y. Moreau

Ceci n'est pas la Terre Mission Apollo-Saturn 8 (W. A. Anders, 1968)
Ceci n'est pas la Terre
Source : Mission Apollo-Saturn 8 (W. A. Anders, 1968)
  The Museum of Fine Arts, Houston

Séminaire EHESS "Mésologiques"

Compte rendu de la séance du vendredi 8 novembre 2013

A. Berque


I. Mésologie et poétique des images (Yoann Moreau)
La séance commence par un exposé de Yoann Moreau, docteur de l'EHESS, sur le test de Rorschach (et d'autres documents iconographiques) comme illustration de la formule de base de la relation mésologique : r = S/P, ce qui se lit : "la réalité r, c'est le sujet S en tant que prédicat P". Dans cette relation, S (le sujet du logicien, i.e. l'objet du physicien) est ce dont il s'agit ;  P est la manière dont on le saisit par les sens, par l'action, par la pensée et par la parole. Ce quatrième mode de saisie est propre à l'humain, et le troisième à une partie seulement des êtres vivants ; mais les deux premiers modes concernent la totalité du vivant. Cette saisie est donc plus qu'une prédication, opération seulement verbale; elle concerne tous les aspects de la réalité. C'est une trajection.

Mésologie et poétique des images / Y. Moreau

Hermann Rorschach
Mésologie et poétique des images

Yoann Moreau




Que voyez-vous ?
Que voyons nous ?


Cette tache fait partie d’une série de dix taches constitutives du test psychologique proposé par Hermann Rorschach (1884-1922) en 1921. Ce test opère en proposant à l'interprétant d'énoncer ce que lui évoque une tache fabriquée par pliage d'une feuille contenant une encre liquide.

Puisque l'on ne peut prétendre avoir voulu représenter quelque chose de spécifique au moyen de cette technique, toute évocation est plausible et aucune ne peut revendiquer énoncer la réalité de ce qui est représenté. Le sujet soumis au test énonce donc sa posture même d'interprétant : il lit une tache en tant que (quelque chose), faisant chose de ce qui - a priori - n'a ni fonction, ni figure, ni signification.

samedi 20 novembre 2010

Séminaire "La poétique de la Terre". Compte rendu de la séance du vendredi 19 novembre 2010. "La Terre nous prononce".

Désert
1. Pour résumer la problématique du séminaire, A. Berque livre en pâture à l'imagination de l'auditoire cet aphorisme "Zwar nennen wir die Erde, mit unserem Zeichen ; aber es ist sie, die uns ausspricht".*

2. Que la Terre nous "prononce" veut dire que l'histoire naturelle nous a produits, et qu'à tout moment elle soutient notre existence. Ce processus anthropopoïétique (créateur de l'humain) est en même temps cosmopoétique (il crée notre monde). Ici "monde" (l'ensemble des choses qui pour nous sont la réalité, i.e. notre Umwelt) doit être soigneusement distingué de l'Univers (la totalité des objets reconnus par le "point de vue de nulle part" qui est celui de la science moderne).