La première édition du Petit Larousse (1906) ignore le haïku. Celle de 2001 le définit comme « Petit poème japonais constitué d’un verset de 17 syllabes ». Le plus littéraire de nos grands dictionnaires, le Dictionnaire culturel en langue française d’Alain Rey (Le Robert, 2005, 5 vol.), le définit comme « Poème classique japonais de trois vers issu de la strophe nommée haïkaï, dont le premier et le troisième sont pentasyllabiques, le deuxième heptasyllabique (5-7-5, soit 17 syllabes) », et lui consacre en outre un encadré de deux demi-pages, où l’on peut lire entre autres que le haïku « condense une perception fugitive du monde sensible », où « derrière l’apparente facilité et la spontanéité se cachent une rigueur formelle et une thématique très codifiée, où alternent et se mêlent notations sur la nature, les saisons, les travaux et les jours, les sentiments, comme dans ces trois variations sur l’averse :
Compte rendu de la séance du vendredi 8 novembre 2013
A. Berque
I. Mésologie et poétique des images (Yoann Moreau)
La séance commence par un exposé de Yoann Moreau, docteur de l'EHESS, sur le test de Rorschach (et d'autres documents iconographiques) comme illustration de la formule de base de la relation mésologique : r = S/P, ce qui se lit : "la réalité r, c'est le sujet S en tant que prédicat P". Dans cette relation, S (le sujet du logicien, i.e. l'objet du physicien) est ce dont il s'agit ; P est la manière dont on le saisit par les sens, par l'action, par la pensée et par la parole. Ce quatrième mode de saisie est propre à l'humain, et le troisième à une partie seulement des êtres vivants ; mais les deux premiers modes concernent la totalité du vivant. Cette saisie est donc plus qu'une prédication, opération seulement verbale; elle concerne tous les aspects de la réalité. C'est une trajection.
Estampe sans titre d'"Utagawa Kuniyoshi (歌川 国芳), 1798-1861 femme-paysage
Condensé de l’exposé présenté lors de la conférence-débat
« Causalité et origine »
organisée le 27 mai 2011 à l’EHESS
avec la participation de TRINH Xuan Thuan et de Luciano BOI
I. La première expression d'une problématique des milieux, en Occident, se trouve dans le Timée, où Platon l'exprime par la notion de chôra. À côté de l'être absolu (ontôs ôn, eidos, idea) et de l'être relatif (genesis) qui en est le reflet, la chôra est d'un "troisième et autre genre" (triton allo genos). Elle n'a pas de commencement, et par rapport à la genesis dont elle est la condition d'existence, elle est à la fois empreinte (ekmageion) et matrice (mêtêr, tithênê). Il n'y a donc là ni origine, ni causalité, mais plutôt un rapport qui évoque la co-suscitation entre l'existant et son milieu, et que l’on pourrait rapprocher de la notion de coproduction conditionnée dans le bouddhisme du Grand Véhicule (sk pratîtya samutpâda, cn yuanqi 縁起, jp engi).